Kalemie: les stations fermées, le carburant et le transport hors prix
Depuis 4 jours à Kalemie, la crise du carburant continue de peser lourdement sur la population. Ce lundi matin, plusieurs stations-service restent fermées à la suite d’une grève observée par les opérateurs pétroliers. Dans la ville, les conséquences se font déjà sentir.
Dans certains points de vente, le litre d’essence se négocie entre 20 000 et 22 000 francs congolais. Cette hausse se répercute directement sur le coût du transport. « Aujourd’hui, c’est très compliqué. Un litre d’essence se négocie à 20 000 francs. Le trajet que nous faisions à moto pour 1 000 francs revient maintenant à 4 000 FC » témoigne Nathan Zamu de l’ONG UMOJA NI NGUVU de Kalemie.
Un autre habitant décrit une situation devenue difficile pour les usagers. Selon lui, le prix du transport varie désormais en fonction de la distance et peut atteindre 5 000 FC , voire 6 000 FC pour certains trajets.
Cette flambée des prix intervient alors que le carburant n’est pas totalement absent de la ville. Il est disponible dans certains points de vente, mais plusieurs stations restent fermées. La réduction de l’offre contribue ainsi à faire monter les prix. « Ce n’est pas qu’il y a une rupture de stock de carburant. Ce sont plutôt les stations d’essence qui ont fermé les portes. De telles actions ne sont pas vraiment bonnes nouvelles car ça pénalise » déclare Amisi Jean.
Une grève sur fond de désaccord fiscal
À l’origine de cette situation se trouve une grève des opérateurs pétroliers. Selon les informations recueillies, six grandes stations-service ont notamment été scellées par les services provinciaux compétents.
Le différend porte également sur une taxe conventionnelle de 60 francs congolais par litre d’essence. Cette taxe avait été mise en place pour contribuer à l’entretien et à la réhabilitation des routes.
Un mécanisme d’évaluation devait permettre aux différentes parties de se réunir chaque 10 du mois. Cependant selon les le député Kabongo wa Kalonji, ces réunions ne se tiennent pas comme prévu.
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Les pétroliers réclament une solution
Manga Kaskile, délégué des pétroliers du Tanganyika, s’est adressé samedi dernier aux médias locaux. Il a déclaré qu’aucune négociation n’avait encore été engagée entre le gouvernement et les opérateurs pétroliers. Il dénonce notamment la manière dont la taxe de 60 francs est appliquée et estime que les pétroliers ne sont pas concernés par l’accord conclu entre le gouvernement provincial et la Fédération des entreprises du Congo (FEC).
Un accord pour mettre fin à la crise
La situation a toutefois connu une évolution ce lundi 24 août. Des discussions ont finalement été engagées entre le gouvernement provincial du Tanganyika, la FEC et les opérateurs pétroliers, sous les auspices du vice-gouverneur Isidore Kabwe Longo. À l’issue de ces échanges, un accord a été trouvé pour permettre la réouverture des stations-service de Kalemie et mettre fin à la grève.
Les opérateurs pétroliers sont également invités à reprendre la vente du carburant au prix initial. Cette mesure devrait permettre de réduire progressivement la spéculation et la hausse des prix enregistrées durant les quatre jours de crise.

