Lubumbashi: six femmes cinéastes appelées à raconter la crise climatique

Lubumbashi: six femmes cinéastes appelées à raconter la crise climatique

 

À Lubumbashi, la crise climatique ne se résume pas aux dénonciations, notamment de la pollution de l’air, de l’eau ou la dégradation des sols. Elle se vit aussi au quotidien dans les familles, les quartiers et les activités économiques. Mais les femmes qui en subissent les conséquences restent encore peu présentes dans les récits consacrés au climat .

C’est dans cette perspective que le Biasasa Centre d’Art, en partenariat avec Global Girl Media (GGM), lance le programme « Our Land, Our Stories ». Ce programme est en effet destiné aux femmes cinéastes de Lubumbashi.

Le projet prévoit de sélectionner six femmes cinéastes. Elles bénéficieront durant les mois de septembre et octobre 2026, d’abord d’une formation. Ensuite, elles auront un accompagnement artistique et technique ainsi qu’un appui à la production. L’objectif est de les amener à réaliser collectivement un documentaire de 5 à 8 minutes. Ce film sera consacré aux liens entre environnement, crise climatique, justice et condition féminine.

Quand les femmes racontent la crise climatique

À Lubumbashi, les questions environnementales sont intimement liées à la vie quotidienne. Dans les quartiers, des communautés se plaignent de la pollution liée aux activités industrielles et minières. La gestion des déchets, l’accès à l’eau, la dégradation des espaces naturels ou encore les changements dans les activités agricoles font partie du quotidien. Toutes ces réalités peuvent affecter différemment les femmes et les hommes.

Pour les organisateurs de « Our Land, Our Stories », il s’agit ainsi de donner aux femmes cinéastes les moyens de raconter ces réalités depuis leur propre regard.

Le programme veut également dépasser la simple représentation des femmes comme victimes des changements climatiques. Il entend mettre en avant leurs expériences, leurs initiatives, leurs résistances et leurs solutions.

Pour Fundi Mwamba, directeur du centre d’art Biasasa, ce programme est une opportunité à ne pas rater. ‘‘Le projet entend mettre en avant les femmes réalisatrices et les rendre actives.” Il rappelle que dans certains projets artistiques, la femme est souvent sexualisée. ” Elle est figurante ou elle est là pour rendre la scène attrayante. ” Ce programme, par contre, veut pousser la femme cinéaste à ne pas attendre d’être sollicitée pour lancer un projet. La cinéaste de Lubumbashi devrait réaliser son film selon son point de vue, raconter selon son expérience. De plus, à travers ce programme, le centre d’art Biasasa entend intégrer ces femmes dans un réseau continental ou international.

Le cinéma devient alors un outil pour documenter des histoires souvent absentes des grands débats sur le climat.

Une production collective

Le projet prévoit d’abord, en septembre, une phase de préparation. La période sera consacrée au brainstorming, à l’écriture et à la préproduction. Ensuite en octobre, les participantes suivront une masterclass intensive. Elle sera animée par l’équipe internationale de Global Girl Media, avant de passer aux tournages et à la production du documentaire.

Le film final sera conçu collectivement par les six participantes, qui choisiront elles-mêmes son titre.

Pour être candidates, les participantes doivent notamment être âgées d’au moins 18 ans, résider à Lubumbashi et avoir déjà réalisé ou coréalisé au moins un film. Les candidates doivent également être disponibles pendant toute la durée du projet. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 31 août 2026 à 23 h 59, heure de Lubumbashi.