Lubumbashi: démolition du marché Mzee Kabila, des vendeurs désemparés

Lubumbashi: démolition du marché Mzee Kabila, des vendeurs désemparés

À Lubumbashi, le marché Mzee présente un visage inhabituel ce jeudi 1ᵉʳ octobre. Entamée dans la nuit, la démolition des installations laisse des vendeurs à l’extérieur, certains les yeux remplis de larmes, d’autres dans l’attente de pouvoir récupérer leurs marchandises. Les accès sont fermés. De plus, un important dispositif sécuritaire a été déployé autour du site.

Ce jeudi 01 octobre, toutes les entrées vers le marché Mzee Kabila sont fermées. Sur les avenues des Usines, Likasi et Kasaï, qui mènent vers ce marché, la présence de la police est très visible. Les vendeurs venus récupérer leurs biens ne peuvent pas accéder au site. En outre, les magasins qui entourent le marché sont également fermés. Par ailleurs, les arrêts de bus Kenya, Kalebuka, Tabac ainsi que Mégastore ont été déplacés pour l’occasion. 

Certains vendeurs du marché se tiennent à distance. Les regards sont tournés vers l’intérieur de ce lieu de négoce. Ici, les opérations de démolition se poursuivent. Quelques passants discutent à voix basse. ” Ce n’est pas bien. Qu’on laisse les gens entrer pour récupérer leurs marchandises”  disent-ils. Des clients venus pour s’approvisionner au marché Mzee Kabila sont surpris. Ils cherchent à avoir des explications sur la fermeture du marché.

Pour les vendeurs qui avaient encore des marchandises sur place, l’inquiétude est visible. ” Accéder au marché est très difficile. Ceux qui ont pu franchir les barrières de la police ont donné de l’argent aux policiers. Et en sortant, certains disent ne pas retrouver leurs marchandises. On a pillé nos biens”  s’indigne une vendeuse. 

À quelques mètres des accès, un autre vendeur charge des articles dans un muni bus. Il est arrivé tôt le matin . « Je suis venu pour évacuer ma marchandise que j’avais entreposée devant un magasin ” raconte-t-il.

Délai de grâce expiré

Le gouvernement provincial du Haut Katanga a, en effet, accordé un délai de grâce aux vendeurs. Le déguerpissement a été plusieurs fois reporté afin de permettre aux marchands de partir de leur propre gré. Le dernier délai a ainsi expiré ce 30 septembre.

« On nous a dit qu’il fallait quitter le jeudi 01 octobre. Nous sommes jeudi et on a déjà commencé à démolir. Ensuite, on n’a pas d’accès » déplore une autre vendeuse assise sur un seau. Elle indique avoir laissé ses marchandises dans un dépôt. Elle espérait encore pouvoir les récupérer ce jeudi matin. Mais, impossible pour elle, car les dépôts sont aussi démolis.

Certains  vendeurs avaient cependant anticipé la situation. Un vendeur de bijoux affirme avoir retiré ses marchandises depuis lundi. Ce jeudi, il est revenu uniquement pour constater l’évolution des opérations. « Je suis là juste pour voir ce qui se passe. J’avais déjà enlevé les bijoux depuis lundi. Jusque-là, je ne sais pas où est-ce que je vais m’installer pour vendre. Pour l’heure, toute la marchandise est chez moi à la maison. Le temps pour moi de trouver où étaler » explique-t-il.

Des inquiétudes pour le futur

Par ailleurs, pour plusieurs commerçants, la démolition ne signifie pas seulement quitter le marché. Elle pose aussi la question du prochain lieu de travail. Une vendeuse allègue ne pas savoir où installer son activité. Faute de solution, elle envisage ainsi de rejoindre le marché non officiel. « Je vais réintégrer le marché à la sauvette. Je ne sais pas où aller mener mes activités », indique-t-elle.

Une autre évoque la promesse faite par le gouvernement provincial de mettre à leur disposition des étalages  au marché de Kamalondo. Cependant, elle dénonce les difficultés d’accès à ces espaces. «  Ce qui est triste, c’est de constater qu’un petit étalage est fixé à 50 dollars, des frais à payer mensuellement. En outre, pour avoir cet étalage, c’est très compliqué. » ajoute-t-elle.

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La mairie de Lubumbashi avait  quant à elle annoncé que le délai accordé aux commerçants pour libérer le site arrivait à terme le 1ᵉʳ octobre. Ce délai devait ainsi permettre le début des travaux de modernisation du marché Mzee. Selon le communiqué, les vendeurs sont orientés vers plusieurs autres marchés de la ville. Ce sont notamment les marchés du Peuple, des Plaines, Kaseba et Kamalondo.