Lubumbashi : la DRHKAT relance le contrôle des documents de bord
Reprise ce mardi 6 octobre 2026 à Lubumbashi de la campagne de contrôle des documents de bord des véhicules par la Direction des recettes du Haut-Katanga. Cette reprise intervient deux mois après la suspension de la même opération. La campagne concerne le contrôle technique automobile, la patente et la vignette.
C’était une surprise pour les conducteurs et les clients des bus de transport en commun de voir de nouveau des barrières érigées sur les routes. Il était environ 11 heures quand la population a vu les agents de la DRHKAT installer des barrières métalliques sur certaines artères de la ville. Par exemple, dans la commune de la Ruashi, la barrière était installée sur le tronçon compris entre l’arrêt Ambassade et Matoleo.
Des personnes habillées de gilets de couleur bleue, avec la mention « DRHKAT » au dos, tiennent les barrières. Ils les tirent, laissent les véhicules passer, puis remettent les barrières sur la route. Ils ne contrôlent rien et n’arrêtent pas les véhicules.
Selon un agent de la DRHKAT interrogé à ce sujet, ce premier jour est consacré à la simulation. C’est-à-dire une façon pour ce service générateur de recettes d’annoncer que l’opération est imminente. « Jusque-là, nous ne procédons pas encore à la saisie des véhicules sans documents. C’est au deuxième jour que nous procéderons au proprement dit », a déclaré un agent. Et ce mercredi, la DRHKAT est passé effectivement à la phase de contrôle. Des barrières sont érigées notamment du côté Kalubwe sur l’avenue de la libération.
L’incivisme fiscal deploré
Surpris de voir les barrières, plusieurs conducteurs de véhicules de transport en commun, de tricycles et de véhicules des particuliers ont rebroussé chemin.
Au volant d’une jeep, Séraphin Omekongo s’énerve de voir les manœuvres effectuées par les conducteurs qui ont eu peur de franchir la barrière par manque de documents. Il déplore l’incivisme fiscal observé chez plusieurs propriétaires de véhicules. « Quand on achète une voiture, on doit également être en mesure de payer les documents de bord», dit-il.
D’après lui, la campagne de contrôle des documents de bord n’apporte rien de positif. Par contre, dit-il, elle décourage ceux qui se mettent en règle avec l’Etat. « En pleine campagne, les gens cachent les véhicules. Nous autres, nous achetons les documents. Après l’opération, nous revoyons tous les véhicules sur la route. En quoi ça nous encourage ? », s’interroge-t-il. « Mieux vaut que nous arrêtions tous de payer ces taxes » dit-il d’un ton nerveux.
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appel à un changement de la mentalité
Pour un autre usager de la route Amos Kinama, le problème réside surtout dans le manque de civisme fiscal de certains propriétaires de véhicules. Selon lui, plusieurs conducteurs attendent le lancement des campagnes de contrôle pour se mettre en règle. Et pourtant , ils devraient acheter leurs documents de bord dès la mise en circulation de leurs véhicules.
« Nous devons changer notre manière de faire. Quand quelqu’un achète une voiture, il doit comprendre que les documents de bord font partie des charges liées à son véhicule. Certains savent qu’ils doivent payer la vignette, la patente ou le contrôle technique, mais préfèrent attendre une opération de contrôle avant de se mettre en ordre », déplore-t-il.
Amos estime également que cette attitude pénalise les conducteurs qui respectent régulièrement leurs obligations fiscales. « Celui qui paie chaque année ses documents se retrouve parfois au même niveau que celui qui ne paie rien et attend seulement les contrôles pour se mettre en ordre. Cela décourage les contribuables qui remplissent leurs devoirs civiques », explique-t-il.
Pour lui, le civisme fiscal ne devrait pas être motivé uniquement par la peur des sanctions. « Nous devons payer nos documents parce que c’est notre responsabilité en tant que citoyens. L’État, de son côté, doit aussi rendre compte à la population sur l’utilisation des recettes collectées », souligne-t-il.
Cette nouvelle campagne de recouvrement forcé va durer trois mois, indique un agent de la DRHKAT . D’après lui, ceci constitue une manière d’ancrer dans le chef des Congolais la culture du civisme fiscal.

