Lubumbashi-prison de Kasapa : 3 000 détenus privés d’eau, un droit fondamental en question

Lubumbashi-prison de Kasapa : 3 000 détenus privés d’eau, un droit fondamental en question

Depuis plus d’une semaine, les robinets sont à sec à la prison centrale de Kasapa, à Lubumbashi. Pour les quelque 3 000 détenus et prisonniers, l’accès à l’eau est devenu un problème quotidien. Ce qui remet en cause le droit d’accès à l’eau potable pour ces détenus.  

“C’est une situation pénible”, explique le docteur Lenge médecin au centre hospitalier de la prison de Kasapa.  Cette situation dure plus d’une semaine. Cependant ce médecin indique que ce jeudi 22 octobre un camion a distribué de l’eau à la prison. “Hier, un camion est venu donner de l’eau, mais c’est insuffisant pour une population de plus de 3 000 personnes“, explique-t-il.

La REGIDESO tente de rétablir la situation. Depuis mercredi, ses agents travaillent à l’extérieur de la prison pour réparer les tuyaux défectueux. Le médecin espère que cette intervention permettra de retrouver un approvisionnement normal. “Si l’eau coule encore, cela pourra soulager », confie-t-il. En attendant, les besoins restent importants. Les détenus ont besoin d’eau pour boire, se laver et maintenir les installations sanitaires propres.

Violation grave des droits humains

En République démocratique du Congo, l’article 48 de la Constitution garantit le droit d’accès à l’eau potable et à l’énergie électrique. Ce principe rejoint la reconnaissance, par les Nations unies, de l’accès à une eau salubre et en quantité suffisante comme un droit humain essentiel.

Pour Symphorien Saleh coordonnateur de l’ONG des droits de l’homme (OCPDH) c’est une violation grave des droits humains.  “Les détenus et les prisonniers ont droit à un traitement humain. C’est une violation grave des droits humains  et surtout du droit à la vie ce droit implique plusieurs facteurs  dont notamment le droit à l’eau , à l’alimentation et à la santé .”, dit-il.  Pour lui, c’est une faille  de l’administration pénitentiaire  qui doit faire des alertes  pour arranger la situation.

Cette pénurie rappelle un précédent. En juillet 2025, l’ONG Justicia ASBL avait alerté sur une coupure d’eau survenue du 14 au 20 juin dans cette même prison. L’organisation avait alors associé cette interruption à des décès qu’elle attribuait à une épidémie d’origine hydrique. Les autorités judiciaires provinciales avaient contesté certains éléments de cette alerte. En avril 2026, Justicia ASBL avait également plaidé pour le désengorgement de la prison et la réhabilitation de ses infrastructures, des propos rapportés par le média actualité.cd. La surpopulation carcérale ajoute en effet aux difficultés liées à l’hygiène et à l’accès aux services essentiels.