RDC: pas de paix durable sans bonne gouvernance

RDC: pas de paix durable sans bonne gouvernance

Le Centre d’études pour l’action sociale (CEPAS) organise du 23 au 25 juin à Kinshasa, les Journées sociales 2026. Le thème retenu est : « La paix, les accords miniers avec les USA et l’avenir de la démocratie en RDC ». Cette rencontre réunit chercheurs, universitaires, responsables publics et acteurs de la société civile. Les échanges portent sur les défis liés à la paix, à la gouvernance et à la gestion des ressources naturelles.

Le prêtre Alain Nzadi, représentant du CEPAS ,a rappelé que la paix ne peut être réduite aux engagements diplomatiques et aux accords signés entre acteurs politiques. Selon lui, la situation des populations de l’Est demeure un rappel constant des défis majeurs auxquels le pays reste confronté. Malgré les initiatives en cours, les violences et les déplacements forcés demeurent une réalité quotidienne dans le pays.

Le représentant du CEPAS a également invité les responsables politiques à réfléchir aux priorités nationales. « Entre changer la Constitution et changer le mode de gestion de notre pays, quelle est réellement l’urgence ? » s’interroge-t-il.

De son côté, Trésor Kibangula d’Ebuteli a estimé que la RDC traverse une « transition politique informelle ». Selon lui, plusieurs enjeux se croisent aujourd’hui. C’est notamment la guerre dans l’Est, les processus de paix, les accords miniers avec les États-Unis et les débats institutionnels.

Lire aussi:Est de la RDC: quid des solutions pour une paix durable

Pour ce chercheur, ces questions sont indissociables. Il estime qu’une paix durable passe par une gouvernance efficace et des institutions crédibles. De plus, Trésor Kibangula indique que la paix exige également une amélioration des conditions sociales et économiques des citoyens. “Sans réponses aux attentes des citoyens, les réformes risquent de perdre leur efficacité.”

Comprendre les racines des conflits pour une paix durable

Par ailleurs, la mémoire des conflits a aussi été abordée. Didier Mumengi du centre d’appui au développement intégral et à la culture de la citoyenneté CADICEC a souligné son importance dans la construction d’une paix durable. Selon lui, la réconciliation passe par la reconnaissance des souffrances vécues par les populations.

De son côté, Néné Bintu avocate et membre de la société civile du Sud Kivu a relevé que les nombreuses initiatives de paix engagées ces dernières années n’ont pas permis de résoudre les causes profondes du conflit. Elle a plaidé pour un dialogue national inclusif. Celui-ci devrait permettre d’aborder les dimensions politiques, sécuritaires et sociales de la crise.

À travers cette édition 2026, le CEPAS entend alimenter le débat national sur les conditions d’une paix durable. Les conclusions des travaux sont attendues à la clôture des assises, le 25 juin.