Kasumbalesa- fractionnement des cargaisons: une autre forme de fraude douanière
La frontière de Kasumbalesa, 2e poste le plus important en RDC, connait une autre forme de fraude douanière. C’est le transbordement et le fractionnement des cargaisons du côté de la Zambie. L’objectif est de sous-déclarer leur valeur ou leur quantité en vue de réduire les droits douaniers. Julien Paluku, le ministre du Commerce extérieur, envisage de renforcer la lutte contre ce phénomène qu’il qualifie de « dumping » au sens large.
Au couloir piétonnier de Kasumbalesa, des centaines de personnes se bousculent chaque jour pour le passage. Des sacs de farine de maïs, des bidons d’huile végétale, des sacs de savons en poudre, des cartons de jus…..Ces articles passent par la frontière soit sur la tête, soit sur des vélos spécifiques. Par conséquent, chaque passage à travers le couloir représente un volume précis de marchandises allant de la Zambie vers la RDC.
En effet, ces marchandises arrivent en Zambie à bord des gros camions appelés trucks. Elles sont déchargées, puis fractionnées avant leur entrée sur le sol congolais. ” Cette pratique est aussi appelée transbordement”, explique un membre du comité des petits transporteurs à la frontière. Il affirme que le motif est d’échapper aux droits de douane jugés exorbitants par les commerçants.
Une femme rencontrée l’an dernier à Kasumbalesa déclarait : “Nous sommes des mamans Wowo. Dès qu’un camion arrive du côté zambien et qu’il est déchargé, nous transportons toute la cargaison sur la tête. Ensuite, le commerçant récupère sa marchandise au Congo sans trop dépenser à la douane.”
Le fractionnement des marchandises grignote les recettes de l’Etat
Le fractionnement des cargaisons coûte cher à l’État congolais. En effet, cette pratique est une forme de la fraude douanière. Elle fait perdre à l’État congolais des millions de dollars, même si les chiffres officiels n’existent pas. En 2024 par exemple, la RDC a enregistré une perte de 3,9 milliards de dollars sur l’ensemble des frontières. Pour Julien Paluku, ministre congolais du Commerce extérieur, ce manque à gagner provient de tous les circuits de fraude douanière.
S’agissant de la pratique de transbordement des marchandises, le ministre avait déclaré il y a deux ans ” nous perdons jusqu’à 5 milliards de dollars.”
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De ce fait, le ministre du Commerce extérieur, en séjour dans le Haut-Katanga depuis ce dimanche, entend renforcer la lutte contre cette fraude. Ce mardi, Julien Paluku se rend au poste frontalier de Kasumbalesa afin de faire le suivi des mesures prises précédemment. Mais pour certains petits transporteurs à Kasumbalesa, le pays doit d’abord juguler la porosité des frontières. ” Les marchandises qui passent par le couloir piétonnier sont taxées par la douane. Par contre, les cargaisons qui passent par la contrebande échappent totalement aux services publics, indique l’un d’eux qui a requis l’anonymat. Il craint que l’usage de la force pour combattre le fractionnement des cargaisons n’ait un effet inverse. ”Cela pourrait encore favoriser la contrebande“, estime-t-il.
Phénomène dumping
Le ministère du Commerce extérieur dénonce également un autre fait observé à la frontière de Kasumbalesa. Il s’agit du phénomène de dumping qui consiste en ce qu’une firme étrangère vend des produits à des prix artificiellement bas sur le marché voisin. En effet, certains pays subventionnent des produits, ce qui réduit le coût de production pour les entreprises. Certaines entreprises bénéficiant de subventions produisent un surplus qu’elles écoulent à bas prix sur d’autres marchés comme en RDC.
Pour le ministère du Commerce extérieur, toutes ces pratiques font perdre des recettes à l’État congolais

