L’shi: Bouclage à la Ruashi, des dizaines des jeunes arrêtés

L’shi: Bouclage à la Ruashi, des dizaines des jeunes arrêtés

Un jour après le bouclage mené au quartier Luwowoshi, les forces de sécurité ont poursuivi leur opération dans la commune de Ruashi. Ce mercredi 8 juillet 2026, les militaires, les éléments de la Police nationale congolaise (PNC) et d’autres services provinciaux de sécurité ont investi le quartier 5. Leur objectif était de traquer les présumés criminels. Au terme de cette opération, plusieurs dizaines de personnes ont été interpellées par les forces de l’ordre.

Selon plusieurs habitants, le dispositif sécuritaire était déjà visible depuis mardi soir. Une commerçante installée sur l’avenue Kundelungu affirme avoir aperçu les premiers militaires vers 19 heures.
« J’étais dans ma boutique. J’ai vu des militaires s’arrêter devant ma porte. Ils m’ont demandé de l’argent pour le café. J’ai donné », témoigne-t-elle.

Plus tard dans la nuit, le bouclage a réellement commencé. Les policiers et les militaires ont parcouru le quartier en faisant du porte-à-porte. Ils inspectaient chaque pièce de la maison. Les meubles ont été ouverts, les lits fouillés.
Virginie Mulumbwe habite le quartier 5. Elle affirme que sa maison a été contrôlée à plusieurs reprises.
« Les policiers ont contrôlé ma maison trois fois. Ils ont fouillé le dessus et le dessous des meubles ainsi que des lits. Mais, ils n’ont rien pris dans ma maison », raconte-t-elle.

De son côté, le porte-parole de la PNC/Haut-Katanga, le major Charles Bin Lwamba, indique que plusieurs objets dangereux ont été saisis au cours de l’opération.

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Des habitants dénoncent des arrestations arbitraires et des demandes d’argent

Malgré le déploiement massif des forces de sécurité, aucun échange de tirs n’a été signalé. L’opération s’est déroulée dans le calme. Toutefois, plusieurs habitants dénoncent des arrestations qu’ils jugent arbitraires.
Micheline Mwenze affirme que son fils, Michel Mambwe, a été arrêté uniquement à cause de sa coiffure.
« Quand les policiers sont arrivés, ils ont fouillé la maison. Ensuite, ils ont arrêté mon fils parce qu’il avait beaucoup de cheveux. Lorsque j’ai demandé sa libération, ils ont exigé 200 000 francs congolais. Après négociation, ils ont accepté 100 000 francs et ils l’ont finalement relâché », explique-t-elle.

Sur l’avenue Kundelungu, deux jeunes couturières pleurent également l’arrestation de leur frère.
« Notre frère passe la nuit dans notre atelier de couture. Les policiers l’ont arrêté parce qu’il n’avait pas sa carte d’électeur. Ce n’est pas un voleur. Il est  aussi couturier et fait de la broderie », déclare l’une d’elles, en larmes.

Dans les quartiers qui n’ont pas encore été ciblés, notamment au quartier Mobutu, la peur s’est rapidement propagée. Devant les parcelles, hommes, femmes, jeunes et personnes âgées échangeaient des informations. Tous se demandaient quel serait le prochain quartier concerné par le bouclage.

Cette opération a été supervisée par le commissaire divisionnaire de la Police nationale congolaise au Haut-Katanga, le général Blaise Kilimbalimba. Les militaires de la 22ᵉ région militaire y ont également pris part, selon les témoignages recueillis au quartier 5 de la commune Ruashi.