Haut-Katanga: divergences autour des consultations de Katebe
L’homme d’affaires Raphael Katebe Katoto, frère de l’opposant Moise Katumbi, président du parti politique Ensemble pour la République, organise des consultations à Lubumbashi. Depuis jeudi 30 juillet, il reçoit différentes couches de la population. Katebe Katoto dit être envoyé par le président de la République pour écouter la communauté vivant dans la province du Haut-Katanga. Certains Lushois apprécient l’initiative de ces consultations. Par contre, pour d’autres, elles contiennent un agenda politique caché.
En ce deuxième jour, parmi les délégations reçues, Katebe Katoto a rencontré l’ensemble de la société civile avec toutes ses composantes. Selon Bertin Tshoz, membre du cadre de concertation, l’initiative est salvatrice. Elle permet à la population de s’exprimer librement, et que l’autorité apporte des solutions aux problèmes existants.
“Souvent les informations passent toujours par l’intermédiaire. Et là, il y a toujours des sensibilités et des informations qui ne sont pas communiquées à l’autorité. Et pourtant ce sont des informations importantes qui peuvent changer les situations.” Pour cet acteur, ces consultations sont aussi une façon de mettre la population en confiance.
De son côté, Simon Kalenga de l’organisation pour le bien-être des albinos du Congo, estime que la convocation des consultations ne dépend ni du temps ni de la période. Cependant, ce qui a attiré l’attention de Simon Kalenga, c’est les tractations sur la situation politique du pays. ” Tantôt on parle du dialogue politique, tantôt du référendum ou encore du changement de la constitution. Et du coup, on nous invite pour des consultations. Mais nous, ça ne peut que nous réjouir parce que nous avons parlé avec Katebe Katoto des difficultés qui rongent la communauté. Je n’y vois pas le danger, indique Simon Kalenga.
Méfiance
Pour sa part, Mathias Kipiri, un citoyen lambda, se méfie de l’organisation des consultations par Katebe Katoto. Pour lui, les motivations politiques se cachent derrière ces consultations. C’est ce qu’il qualifie de face cachée de cette démarche. ” Dans la face cachée, c’est qu’on cherche à convaincre les Katangais d’accepter le changement de la constitution. Combien de fois on a organisé des consultations, mais après rien ne change dans la vie de nos populations ?” D’après lui, ces acteurs politiques ne cherchent que leurs intérêts.
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Un autre Lushois qui a requis l’anonymat ,trouve que l’intention avec laquelle on a organisé ces consultations n’est pas bonne. Il déplore ainsi l’instabilité des hommes politiques congolais. “Dès lors qu’ils se voient en danger, ils organisent de telles activités pour sauvegarder leurs intérêts politiques”, dit-il. Ainsi, pour lui, il y aurait un agenda caché derrière les consultations effectuées par Katebe Katoto. “Ce que fait Katebe, ce n’est pas dans l’intérêt de la population. Il mène cette démarche pour son positionnement politique auprès de Tshisekedi.”
Enfin, Dany Kabangula , un autre Lushois , a un tout autre avis. Pour lui, il y aurait un lien entre la démarche de Katebe Katoto et un plaidoyer pour un probable retour au pays de l’opposant Katumbi. “Pour moi, Katebe tient cette activité pour négocier auprès de Félix Tshisekedi, le retour de son frère Moïse Katumbi au pays.” Et pour y arriver, il chercherait à se servir des notables katangais, dit-il.
Il faut dire que si Katebe Katoto s’affiche proche du pouvoir en place, son frère Moïse Katumbi est plutôt dans l’opposition. Membre de la coalition C64, Katumbi s’oppose au changement de la constitution et à la délimitation des mandats présidentiels.

