RDC- contrat sino-congolais: 799 milliards de CDF inscrits au budget, aucun paiement au 30 juin
La contrepartie prévue dans le cadre du contrat sino-congolais figure désormais dans le budget de la République démocratique du Congo. Pour 2026, le gouvernement a inscrit 799,32 milliards de francs congolais au titre des « investissements sur cession actifs miniers (contrat chinois) ».
Au 30 juin 2026, l’exécution reste cependant limitée. Selon l’état de suivi budgétaire du ministère du Budget, 32,96 milliards de francs soit 4,1% avaient été engagés et liquidés. Le même montant apparaît au stade de l’ordonnancement. En revanche, aucun paiement n’est enregistré sur cette ligne.
Cette distinction est importante. Les 32,96 milliards de francs correspondent à des dépenses ayant franchi plusieurs étapes de la chaîne budgétaire, mais elles ne constituent pas des sommes effectivement payées par le Trésor à cette date. État de suivi budgétaire au 30 juin 2026.
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Des fonds mis à disposition par SICOMINES
Selon Freddy Kasongo de l’OAERSE, SICOMINES met les fonds à disposition pour le financement des infrastructures. La réalisation des travaux passe ensuite par des sous-traitants chinois chargés de leur mise en œuvre.
Ce fonctionnement explique pourquoi l’inscription de la contrepartie dans le budget de l’État ne signifie pas nécessairement que les fonds se trouvent dans les caisses du Trésor.
Cette intégration répond notamment aux engagements pris par la RDC dans le cadre de son programme avec le Fonds monétaire international (FMI).Dans son rapport de juillet 2024 , le Fonds demande que les recettes et dépenses liées à SICOMINES soient retracées dans le budget. Il demande également la mise en place d’un mécanisme financier et de gouvernance garantisse la transparence dans l’utilisation de ces ressources.
Le gouvernement a également mis en place un mécanisme financier spécifique. Dans son rapport de 2025, le FMI indique qu’un compte de la Banque centrale du Congo auprès de la Banque des règlements internationaux (BRI) doit permettre de suivre les ressources destinées aux projets financés dans le cadre de l’avenant n°5.
Plusieurs infrastructures concernées
Les ressources du programme sino-congolais doivent notamment financer des infrastructures routières. Parmi les projets identifiés figurent la RN1 Mbuji-Mayi-Nguba, l’axe Kalamba Mbuji-Kananga et certaines infrastructures routières à Kinshasa. La route Mbuji-Mayi-Nguba constitue l’un des principaux chantiers associés au programme.
Les données disponibles montrent toutefois des niveaux d’exécution différents selon les projets et les tranches de financement. Dans son rapport publié en 2026, le FMI relevait notamment un retard cumulé de 642,6 millions de dollars par rapport à une liste de projets 2024-2026 évaluée à environ 1,1 milliard de dollars.
L’avenant n°5 a changé le mécanisme
Signé en mars 2024, l’avenant n°5 a porté l’enveloppe destinée aux infrastructures de 3,2 à 7 milliards de dollars, selon les autorités congolaises et le FMI.
Le nouveau dispositif prévoit que les financements d’infrastructures proviennent des ressources générées par SICOMINES. Le FMI indique notamment une contribution annuelle de référence de 324 millions de dollars. Ce montant esr calculée sur la base d’un prix du cuivre de 8 000 dollars la tonne. L’accord prévoit aussi une redevance de 1,2 % du chiffre d’affaires annuel de SICOMINES.
L’objectif consiste désormais à mieux suivre le cheminement de ces ressources. SICOMINES met les fonds à disposition, les entreprises chargées des travaux réalisent les infrastructures. Et enduite, l’État retrace les opérations dans son dispositif budgétaire et financier.
Au 30 juin 2026, la rubrique consacrée à la contrepartie chinoise affichait donc 799,32 milliards de francs de crédits votés, 32,96 milliards engagés et liquidés, mais zéro paiement.

