RDC : Des rangers entre courage, sacrifices et manque de moyens

RDC : Des rangers entre courage, sacrifices et manque de moyens

Chaque 31 juillet, le monde célèbre les rangers. Ces femmes et ces hommes qui s’occupent des aires protégées. En RDC, où les parcs nationaux sont confrontés à l’insécurité, au braconnage et au sous-financement, leur mission relève souvent du sacrifice. À l’occasion de cette journée, le directeur du Jardin zoologique de Lubumbashi, Jean Mululwa, ancien ranger ayant servi près de trois décennies dans plusieurs aires protégées du pays, revient sur les réalités de cette profession.

En effet un ranger, est un éco-garde. Anciennement appelés gardes-parcs, les rangers sont des agents formés de manière paramilitaire dont la mission consiste à protéger les écosystèmes, lutter contre le braconnage et préserver la biodiversité dans les parcs nationaux et les réserves naturelles.

 

Pour le directeur du jardin zoologique de Lubumbashi et ancien ranger,cette profession dépasse le simple cadre d’un emploi. « Nous sommes en train de mener une mission sacrée », affirme-t-il, soulignant que les rangers consacrent leur vie à la protection de la création.

Entre groupes armés et incompréhension des communautés

Toutefois, la tâche est de plus en plus périlleuse. Dans l’Est et le centre de la RDC, plusieurs aires protégées servent de refuges à des groupes armés. Malgré cette menace, les rangers sont placés en première ligne.

« Nous sommes apolitiques. Notre mission est de protéger la biodiversité », déclare Jean Mululwa. Il  évoque notamment les drames survenus récemment au parc national de l’Upemba. « malheureusement, nous sommes souvent confondus avec des agents du gouvernement et nous subissons des attaques.»

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Par ailleurs, d’autres difficultés proviennent des populations riveraines des aires protégées. Celles-ci considèrent parfois les rangers comme des adversaires. Lorsque les ecogardes empêchent la chasse illégale ou l’exploitation des ressources naturelles, ils sont accusés de priver certaines familles de leurs moyens de subsistance.

Le manque de financement, un obstacle majeur

Au-delà des enjeux sécuritaires, le sous-financement constitue un frein important à la conservation. En outre, si l’État assure les salaires, les opérations de terrain dépendent largement des partenaires techniques et financiers.

« Sans financement, vous ne ferez rien. Les patrouilles exigent des rations, des équipements et une logistique adaptée », insiste-t-il. Il estime qu’il est impossible d’assurer efficacement la surveillance des aires protégées sans un appui conséquent.

Le plus grand danger, c’est l’homme

Après plus de 28 années passées dans les parcs nationaux de l’Upemba, de Kundelungu et dans la réserve de Tumba Ledima à l’équateur, Jean Mululwa affirme que les animaux sauvages représentent rarement la principale menace.

« Le grand défi, c’est l’humain, le braconnier », explique-t-il. Selon lui, les réseaux de braconnage, parfois lourdement armés, constituent le principal danger auquel sont confrontés les éco-gardes sur le terrain.

En cette Journée mondiale des Rangers, son message à ses anciens collègues est empreint de détermination : « Courage à nos vaillants rangers. Nous avons choisi une mission difficile, mais noble. Nous protégeons ce que Dieu a créé.»