Haut-Katanga: un moratoire de 30 jours pour protéger les routes

Haut-Katanga: un moratoire de 30 jours pour protéger les routes

Le gouvernement provincial du Haut-Katanga renforce les mesures destinées à protéger les routes. Dans un communiqué officiel signé le 28 juillet 2026 par le cabinet du ministre provincial des Infrastructures, et de l’Aménagement du territoire, les propriétaires de parcelles, les occupants et les usagers des routes disposent désormais d’un délai de 30 jours pour se mettre en règle.

Selon ce document, chaque parcelle, quel que soit son usage, devra être équipée d’un puits perdu . Il peut être d’au moins cinq mètres de profondeur et devra servir à recueillir les eaux usées et les eaux de pluie. Cette mesure vise à limiter la dégradation des chaussées causée par les écoulements d’eau.

En effet, plusieurs propriétaires à Lubumbashi orientent la canalisation de leurs eaux usées vers la chaussée. De plus, sous les clôtures, des conduits d’évacuation des eaux pluviales débouchent sur la route. Pour l’architecte Rufin Nduba, directeur de la société ALTEA Design Construction, un puits perdu est un élément indispensable dans un projet de construction. Construire sans prévoir une zone pour recueillir les eaux présente des risques, dit-il. ” L’eau des pluies stagne dans la parcelle, crée une zone humide qui fragilise la fondation soit de la maison, soit de la clôture.”

Le communiqué du ministère des Infrastructures ordonne également le déguerpissement immédiat de la chaussée de certaines activités. Il s’agit notamment des garages de fortune et des stations de lavage de véhicules (car wash). Les épaves de véhicules devront également être évacuées  des routes vers des sites appropriés.

Le ministère rappelle par ailleurs que toute dégradation des infrastructures routières ou tout dépassement des charges réglementaires expose les contrevenants aux sanctions prévues par la législation en vigueur.

Protection des routes

Les mesures prises par les autorités provinciales visent à préserver durablement le réseau routier . Leur construction et leur entretien représentent un coût important pour les finances publiques, indique le ministère des Infrastructures.

Cependant, des ingénieurs en bâtiment et des environnementalistes estiment que la construction des puits perdus dans les parcelles ne suffit pas pour protéger la chaussée. Il faut plutôt construire des routes avec une bonne canalisation des eaux. “Les eaux qui ruissellent sur la chaussée doivent aller dans les caniveaux. Ensuite, elles sont dirigées vers la rivière, déclare l’architecte Rufin Nduba. Il rappelle que pour avoir une chaussée qui dure, il faut également construire des égouts et des traversées.

Sur le croisement des avenues Biayi et de la Libération, par exemple, il faut une traversée en plus d’une bonne canalisation. De ce fait, les eaux qui proviennent du quartier situé derrière Kin Marché vont être dirigées vers la rivière Lubumbashi. Celles qui viennent du quartier Kalubwe vont aller vers la rivière Kalubwe », indique encore cet ingénieur. Il explique également que si les eaux des pluies sont ainsi réparties, cela réduit la pression sur les canalisations.

Enfin, cet ingénieur insiste sur l’assainissement des caniveaux et l’entretien régulier des routes pour mieux les protéger.

Gestion des canalisations

Le ministère des Infrastructures interdit par ailleurs le dépôt de déchets dans les caniveaux ou sur la chaussée. Brûler des pneus sur la voie publique est aussi prohibé.

Le gouvernement provincial précise qu’à l’issue du délai de 30 jours, une brigade spéciale d’inspection effectuera des descentes sur le terrain. Elle aura pour mission de vérifier le respect de ces nouvelles dispositions. Tout manquement constaté donnera lieu à l’application des sanctions prévues par les textes en vigueur.

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