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RDC : un port sec à Kasumbalesa pour endiguer la corruption ?

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Il y a dix jours, le président congolais Joseph Kabila inaugurait le futur port sec à Kasumbalesa, dans le Haut-Katanga. Objectif : désengorger le poste frontière où transitent tous les produits miniers de la région. Mais les associations de lutte contre la corruption estiment qu’on élude le vrai problème qui est la fraude et la corruption.

Des camions à perte de vue, presque à l’arrêt. Nous sommes sur le corridor qui mène au poste frontière de Kasumbalesa dans le Haut-Katanga, et au bout du chemin la Zambie. Un corridor totalement engorgé. Pour faire quatre-vingt-dix kilomètres,  ces chauffeurs mettent sept jours en moyenne. « Ça fait sept jours que je ne me suis pas lavé faute de douche. Même si tu veux uriner, tu ne sais pas où le faire, mais si tu le fais dans ces canalisations les militaires t’arrêtent et te demandent vingt voire trente dollars ». Explique Djumbe Hassan, chauffeur d’un camion truck.

Kasumbalesa grande porte de sortie                             

Un manque d’infrastructures et de fluidité presque absurde lorsqu’on sait que Kasumbalesa est la porte de sortie de la production minière de la région. Dans ces camions, il y a du cobalt, du cuivre, bref le gros de la richesse du pays. Une situation à laquelle le président de la République Joseph Kabila a promis de remédier. Le 1 er juin dernier, le président congolais a inauguré un port sec censé tout désengorger. Patient Sayiba, Directeur Général de l’OGEFREM (Office de Gestion du Fret Multimodal) parle d’un véritable levier de l’essor économique. « Kasumbalesa va être un véritable levier de l’essor économique de la RDC. C’est comme tout port, la construction d’un port génère en fait des dividendes et des retombées sur tous les plans ».

Lutte contre la corruption

Des retombées économiques donc mais quid de la lutte contre la corruption, endémique à ce poste frontière. Ici le sport national, c’est la fraude sur le poids des minerais transportés. Le gouvernement avait pourtant installé des ponts à bascule, censés peser au gramme près la cargaison de chaque camion. Mais depuis trois ans, ils sont en panne, selon la Ligue Congolaise de Lutte contre la Corruption.

 

« On nous avait dit effectivement qu’il y avait des problèmes d’installations et ces problèmes devraient coûter à peu près 50 000 dollars pour réparer les pompes à skil. Mais malheureusement jusqu’à preuve du contraire, ces pompes à skil ne fonctionnent toujours pas », explique Ernest Mpararo, Président de la Ligue Congolaise contre la Corruption et la Fraude.

Selon lui, chaque année entre cent et deux cent millions de dollars s’évaporent dans les poches de quelques-uns. La Licoco (Ligue congolaise de lutte contre la corruption) ne croit pas que le port sec promis par Joseph Kabila, y changera quoi que ce soit.

« Nous l’affirmons étant donné que le système qui est mis en place est un système presque institutionnalisé, ce sont les autorités locales ou les autorités provinciales ou les autorités nationales qui sont impliquées dans cette fraude ou dans la corruption au poste frontalier de Kasumbalesa ». Affirme Ernest Mpararo, Président de la Ligue Congolaise contre la Corruption et la Fraude

La construction du port sec de Kasumbalesa nécessitera près de 300 millions de dollars d’investissement et devrait être opérationnel en 2021.

 

 

 

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