RDC: baisse des décès dus au choléra dans certaines zones
Malgré une baisse du taux de létalité et des avancées dans la riposte sanitaire, le choléra reste actif en RDC. Le rapport de la mi-Avril de 2026 met en lumière une situation encore préoccupante. Elle est marquée par une large propagation géographique, mais aussi par des signes encourageants de contrôle dans certaines zones.
En effet, la RDC continue de faire face à une épidémie de choléra qui bien que montrant des signes d’amélioration. Elle demeure un défi majeur de santé publique. À la 15ᵉ semaine épidémiologique de l’année 2026, le pays a enregistré 1 117 cas suspects. Et 28 décès ont été rapportés, soit un taux de létalité de 2,5 %. Cette baisse est significative par rapport à la semaine précédente, où la létalité atteignait 5,4 % . Ceci traduit une amélioration de la prise en charge des malades et une efficacité progressive des interventions sanitaires.
Le choléra touche actuellement 16 provinces sur les 26 que compte le pays. Donc plus de 106 zones de santé sont touchées sur 519. Cette extension géographique témoigne de la persistance des facteurs de risque. C’est notamment l’accès limité à l’eau potable, les conditions d’hygiène précaires et les mouvements de populations. Sur la voie fluviale, la transmission reste particulièrement préoccupante car elle est favorisée par les échanges et la mobilité des communautés.
Des cas en baisse dans certaines zones de santé
L’analyse des données provinciales révèle des différences importantes. Les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu demeurent les plus touchées, avec respectivement 223 et 208 cas rapportés. D’autres provinces comme le Maï-Ndombe, l’Équateur et Kinshasa enregistrent également un nombre élevé de cas. Kinshasa par exemple n’a rapporté que 33 cas à la semaine 15. Le Haut-Katanga, qui inclut la ville de Lubumbashi, reste concerné avec 74 cas et 4 décès. Ces données indiquent un niveau de vigilance toujours nécessaire dans cette partie du pays. Par ailleurs, l’apparition de nouveaux foyers, notamment dans la province du Sud-Ubangi, montre que l’épidémie n’est pas encore stabilisée. Et elle peut s’étendre à des zones jusque-là épargnées.
Les enfants de moins de 15 ans sont les plus touchés
Les enfants de moins de 15 ans représentent la majorité des cas. Cette situation souligne leur vulnérabilité face aux maladies hydriques. Toutefois, la létalité est plus élevée chez les adultes, souvent en raison d’un accès tardif aux soins indique le rapport. Par ailleurs, une distinction notable apparaît également entre les provinces endémiques et non endémiques. Les premières, bien qu’enregistrant davantage de cas, elles présentent une létalité plus faible grâce à une meilleure expérience dans la gestion de la maladie. En revanche, les provinces non endémiques affichent des taux de mortalité plus élevés. Cela révèle des insuffisances dans la prise en charge.
Par ailleurs, des stratégies comme le quadrillage sanitaire à Kinshasa ont contribué à une réduction notable des cas dans la capitale. Les actions de sensibilisation communautaire, le renforcement de la surveillance épidémiologique et l’amélioration de la prise en charge des malades constituent des piliers essentiels de la lutte contre cette épidémie.
Plus de 2 millions de personnes vaccinées dans le Haut Lomami
Ainsi, les autorités sanitaires, avec l’appui des partenaires, ont intensifié les efforts de riposte. Les campagnes de vaccination orale contre le choléra ont permis d’atteindre une couverture élevée. Dans le Haut-Lomami par exemple, où près de 98 % soit 2 756 470 de la population ciblée a été vaccinée, dans 8 zones de santé.
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Malgré ces avancées, le rapport souligne que plusieurs défis persistent. C’est par exemple, le manque de financement, l’insuffisance des intrants médicaux. Aussi les difficultés d’accès à certaines zones enclavées limitent l’efficacité des interventions. De plus, les inondations observées dans certaines provinces aggravent les conditions sanitaires et favorisent la propagation de la maladie.
Entre-temps la persistance de l’épidémie rappelle l’urgence d’agir sur ses causes profondes en particulier l’accès à l’eau potable et à l’assainissement.

