RDC: CASMIA veut un statut stratégique sur le Cuivre et le Lithium
La plateforme Comprendre et agir dans le secteur minier et artisanal et de la bonne gouvernance (CASMIA-G) veut un statut spécial pour le cuivre et le lithium de la République démocratique du Congo. Cette plateforme a adressé une lettre depuis le 9 mars à la première ministre Judith SumiNwa pour que ces deux minerais revêtent le statut de « minerais stratégiques ».
La démarche de Casmia-G est conforme à la loi. Car l’article 7 du Code minier indique que le Premier ministre peut par décret déclarer une substance réservée et soumise à des règles spéciales. C’est ce qui est arrivé au cobalt et au coltan de la RDC. En 2019, un décret ministériel octroie ce statut stratégique à ces deux minerais. Ce qui a eu une incidence sur la redevance perçue sur ces substances.
Pour cette plateforme, le moment s’y prête pour faire du cuivre et du lithium des minerais stratégiques. Casmia-G évoque l’embellie du prix sur le marché mondial. En effet, depuis la fin de l’année 2025, jusqu’à ce jour, le cuivre enregistre une hausse dépassant les 12 000$ la tonne. La deuxième raison qu’évoque Casmia-G est la forte demande sur le marché mondial. Selon l’ONU, le commerce et le développement indiquent par exemple que la demande mondiale pourrait augmenter de 40 % d’ici 2240.
Mike Lameki, un membre de Casmia-G, évoque une autre raison. « La bataille est lancée entre les grandes puissances (occidentales et orientales) pour le cuivre de la RDC. » Pour lui, le fait que les firmes américaines se bousculent pour le cuivre de la RDC est une bonne raison pour l’inscrire comme minerai stratégique.
Le lithium aussi
Pour ce qui est du lithium, CASMIA-G insiste sur le fait que ce minerai est utilisé dans la transition énergétique. Il est surtout utilisé dans la fabrication des batteries rechargeables. De plus il enregistre également une forte demande sur les marchés internationaux. Casmia-G souligne par exemple que son prix a dépassé les 19 000 dollars la tonne en février sur le London Metal Exchange.
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Il faut également noter que le pays s’apprête à franchir une étape importante. Bientôt il lance la production du lithium de Manono, dans la province du Tanganyika. Pour CASMIA-G, ceci constitue une opportunité unique pour la RDC.
L’impact
Si ces nouvelles mesures spéciales sont mises en place, ceci pourra redonner une valeur à ces minerais. De plus, conformément au code minier, le taux de leur redevance minière passera de 3,5 % à 10 %. « L’État va engranger des recettes importantes à tous les niveaux« , insiste Mike Lameki.
Bien que certains membres de la société civile soient d’accord avec CASMIA-G, ils estiment par ailleurs que cette mesure pourrait avoir aussi un impact négatif. C’est le cas de Jean-Pierre Okenda, expert en question minière et coordonnateur de la Sentinelle. Pour lui, la RDC doit impérativement prendre cette mesure. Cependant, il estime que celle-ci doit être encadrée. « Par exemple le taux de la redevance minière doit être variable en fonction de la conjoncture« , explique-t-il. Car sinon « les opérateurs miniers risquent d’être étranglés et cela n’est pas bon pour le climat des affaires« , dit-il encore.

