Lubumbashi: un jour après son enlèvement, Raphael Mututa reste introuvable
Un jour après l’enlèvement de l’ancien président de la fondation et président actuel des notables du Grand Katanga, Raphaël Mututa reste introuvable. Ce mardi 14 avril 2026, le porte-parole du cadre de concertation de la société civile du Haut-Katanga a mené des démarches. Il a tenté de le retrouver. Les efforts sont restés sans succès. La délégation de la société civile s’est rendue ce matin à l’Agence Nationale de Renseignement. Elle voulait voir Raphaël Mututa et connaître les motifs de son arrestation. Sur place, l’interpellé n’y était pas. Le service a orienté la délégation vers la 22ème région militaire.
L’émotion est vive après l’enlèvement de Raphaël Mututa. Il est une figure locale connue à Lubumbashi. Selon plusieurs sources concordantes, l’enlèvement a eu lieu le lundi 13 avril 2026. Les faits se sont produits vers 16 heures. L’incident s’est déroulé sur l’avenue Lubilanshi, au coin Kimbangu. Les circonstances restent floues. Des hommes non identifiés ont interpellé le notable. Certains étaient en tenue civile. D’autres étaient assimilés à des éléments des services de sécurité. Ils l’ont emmené vers une destination inconnue.
La société civile sur le tracé de l’enlèvement
Depuis, aucune information officielle n’a été communiquée. Les autorités ne précisent ni le lieu de détention ni les motifs de l’arrestation. La famille de Raphaël Mututa reste sans nouvelles. Ses proches confirment cette situation. L’inquiétude grandit dans la province du Haut-Katanga.
Ce mardi matin, le porte-parole du cadre de concertation de la société civile, Guislains Kalwa Tshulu, a entrepris des démarches. Il cherche à connaître le lieu de détention. Il veut aussi comprendre les motifs de l’arrestation. La délégation s’est rendue à l’ANR. Elle n’a trouvé aucune trace du notable. « J’étais à l ‘ANR, mais on ne m’a pas donné l’accès. On ne m’a pas donné si on détient Raphaël Mututa là-bas où pas, on m’a dit d’aller vérifierà la 22èmerégion militaire. Nous faisons des recherches pour connaître les motifs de l’arrestationet les circonstances. » Ensuite, l’équipe s’est rendue à la 22ème région militaire. Ici n’ont plus aucun information n’a été filtrée, explique Guislains Kalwa Tshulu. « Rien à retracer jusque-là. Je continue à me battre pour connaître le lieu de détention de Raphaël. »
Une pluie de réactions
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Entre-temps, les réactions locales se multiplient. Elles apparaissent quelques heures après l’enlèvement. La thématique Gouvernance sécuritaire et Paix de la société civile a publié un communiqué. Elle dénonce cette arrestation. « Nous condamnons avec la plus grande fermeté l’enlèvement de Raphaël Mututa. Ce type d’agissement en dehors de tout cadre légal constitue une grave atteinte aux droits humains et à l’État de droit », déclare la société civile. Elle ajoute, « Le cas de Raphaël Mututa vient s’ajouter à une longue liste de personnes interpellées en dehors de toute procédure légale ».
Selon ce communiqué, plusieurs personnes arrêtées dans la province seraient transférées vers Kinshasa. Elles seraient détenues pendant de longues périodes. Elles ne voient pas présentées à leurs juges naturels.
De son coté, la fondation Katangaise publie ce14 avril 2026 un communiqué dans lequel elle dénonce avec fermeté ce qu’elle considère comme une nouvelle illustration des dérives sécuritaires du pouvoir. La Fondation Katangaise révèle l’interpellation simulletannée de Francis. «Nous assistons à des pratiques qui s’apparentent à des enlèvements organisés, menés en dehors de tout cadre légal. C’est une dérive grave qui menace la cohésion sociale et la confiance envers les institutions», déclare Dieudonné Banga Mukose, Président National.
Pour l’heure, les autorités gardent le silence. Ce silence alimente les spéculations. Il renforce aussi les inquiétudes. L’enlèvement de Raphaël Mututa pourrait devenir un symbole. Il illustre les tensions autour du respect des libertés fondamentales dans le Haut-Katanga.

