RDC: la poliomyélite reste un défi sanitaire majeur
En République démocratique du Congo la poliomyélite continue de représenter un défi sanitaire majeur, malgré les progrès réalisés au cours des dernières années. Alors que le pays n’a plus enregistré de cas de poliovirus sauvage depuis 2011, la circulation de formes dérivées du virus rappelle que la menace reste bien réelle, notamment dans les zones à faible couverture vaccinale.
Selon le dernier rapport épidémiologique de la mi-mars 2026, deux nouveaux cas de poliovirus dérivé de type 2 ont été signalés. Ces nouvelles infections portent à quatre le nombre total de cas recensés depuis le début de l’année. Tous ont été identifiés dans la province du Maniema. C’est précisément dans les zones de santé de Kampene et Kibombo. Ceci confirme l’existence de foyers actifs localisés.
Cette concentration géographique met en évidence la vulnérabilité de certaines régions confrontées à des difficultés d’accès aux services de santé. C’est notamment en raison de l’isolement, du manque d’infrastructures ou de l’insécurité. Dans ces contextes, les campagnes de vaccination peinent à atteindre l’ensemble des populations. Ces défis laissent des poches d’enfants non immunisés, favorable à la circulation du virus.
745 cas de PFA notifiés depuis le début de l’année 2026
Parallèlement, la surveillance des cas de paralysie flasque aiguë (PFA), principal indicateur de détection de la poliomyélite, reste active. Jusqu’au 26 mars 2026, 745 cas de PFA ont été notifiés dans 343 zones de santé, soit plus de la moitié du territoire national. 568 cas concerne des enfants âgés de 6 à 59 mois. Bien que la plupart aient reçu plusieurs doses de vaccin, une proportion non négligeable d’enfants reste insuffisamment vaccinée. Et certains enfants sont totalement non vaccinée indique le dernier rapport épidémiologique.
De plus , ce rapport indique que le système de surveillance présente encore des limites. Il souligne ,en effet, des retards dans la notification des cas. Il relève aussi des problèmes liés à la qualité des échantillons collectés. Ces insuffisances peuvent entraver la détection rapide des foyers de transmission. Elles peuvent aussi retarder la mise en œuvre des mesures de riposte.
Les journées nationales de vaccination contre la poliomyélite organisées du 16 au 18 avril
Face à ces défis, les autorités sanitaires congolaises, avec l’appui de leurs partenaires, poursuivent les efforts de vaccination afin de renforcer l’immunité collective. Les actions sont également menées pour prévenir toute résurgence à grande échelle. Ainsi, dans le cadre de cette riposte, les journées nationales de vaccination contre la poliomyélite sont organisées du 16 au 18 avril 2026 sur toute l’étendue du territoire nationale. Cette campagne cible les enfants âgés de 0 à 59 mois. Cette catégorie d’enfants est considérée comme plus vulnérable face à la maladie.
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Malgré ces initiatives, la situation reste préoccupante. La circulation persistante de poliovirus dérivés témoigne de la fragilité des acquis et du risque constant de résurgence. Dans un contexte marqué par des crises humanitaires et sécuritaires, l’éradication de la poliomyélite en RDC nécessite des efforts continus et coordonnés.

