RDC: les déplacements internes en baisse de 9% en avril

RDC: les déplacements internes en baisse de 9% en avril

Le nombre de déplacements de populations enregistrés dans l’Est de la RDC a connu une légère diminution au mois d’avril 2026. Selon le rapport mensuel de déplacement publié par l’Équipe d’Analyse de Crises en RDC,  110 397 ménages ont été déplacés au cours du mois, soit une baisse de 9 % par rapport au mois précédent.

Comparativement au mois de janvier, la situation des déplacements a évolué de manière contrastée selon les provinces. Au Sud Kivu le nombre de ménages déplacés est passé de 87 247 à 40 2063 en avril. Même tendance au Nord Kivu ou les déplacements ont chuté de  plus de la moitié , soit de 91 023 à 33 810 ménages.

En revanche, le Tanganyika a connu une forte hausse. Le chiffre a triplé. Il  passe de 6 750 ménages déplacés en janvier à 21 401 en avril. En Ituri, les données sont restées relativement stables, avec une légère augmentation de mille ménages seulement. .

Cette baisse des déplacements intervient dans un contexte où les affrontements armés persistent dans plusieurs territoires de l’Est de la RDC. Toutefois, le rapport indique quelques mouvements de retour de populations dans certaines zones du Sud-Kivu. C’est le cas de Walungu, Mwenga et Uvira. Environ 3 745 familles sont retournées dans leurs localités d’origine pendant le mois d’avril.  

Dans son aperçu général, le rapport souligne que ces retours restent limités et fragiles. Ils seraient principalement motivés par la détérioration des conditions de vie dans les zones d’accueil. Ils sont aussi faits grâce à une perception relative d’amélioration sécuritaire dans certaines localités.

Les combats continuent de provoquer les déplacements

Cependant, au Nord-Kivu, les tensions demeurent importantes malgré une relative stabilité des lignes de front dans plusieurs territoires. Les combats entre le M23, les FARDC et les groupes Wazalendo continuent de provoquer des déplacements à Masisi. Ces mouvements sont aussi observés à Lubero, Rutshuru et Walikale.    

Au Sud-Kivu, les affrontements restent également une cause majeure des déplacements notamment dans le territoire de Kalehe. Les tensions entre factions Wazalendo ont été aussi à la base de ce mouvement  indique le rapport.

À Walungu toujours dans le Sud Kivu, les violences dans les localités de Muchinga et Kasika continuent d’alimenter l’insécurité dans cette partie de la province. Dans le territoire d’Uvira, les affrontements qui impliquent les FARDC et les groupes armés alliés au M23, marqués notamment par l’utilisation de drones et d’artillerie, sont aussi à  la base de l’instabilité des ménages. Plus de 10 000 ont fui vers les Hauts-Plateaux. 

Le Tanganyika confronté par une double crise sécuritaire et climatique

Par ailleurs, le Tanganyika reste confronté à une double crise sécuritaire et climatique. D’abord le territoire de Kabalo a été touché par les inondations provoquées par les fortes pluies et le débordement du fleuve Congo. Plus de  5 000 ménages ont abandonné leurs maisons. Ensuite, le territoire de Manono a été sécoué par des attaques armées perpétrées par des individus non identifiés. Elles ont eu lieu le 3 et le 5 avril dans les localités de Milongwe, Kabanda et Kasungeji, en territoire de Mitwaba. Plus de  12 000  ménages ont fui vers les villages  de Malala et Konkole en territoire de Manono. 

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Malgré la baisse observée au mois d’avril, les acteurs humanitaires restent préoccupés par la persistance de l’insécurité. Ils sont aussi inquiets par la vulnérabilité des populations déplacées. À la fin du mois, 31 alertes de déplacement avaient encore été signalées sans évaluation détaillée des besoins humanitaires.