RDC: les déplacés internes retournés estimés à 5 496 254

RDC: les déplacés internes retournés estimés à 5 496 254

Alors que la crise humanitaire persiste en République démocratique du Congo, une tendance mérite une attention particulière : le retour progressif de millions de personnes déplacées internes (PDI) vers leurs zones d’origine. Selon le dernier rapport de l’Organisation internationale pour les migrations publié en avril 2026, près de 5,5 millions de déplacés sont retournés dans leurs localités, un chiffre presque équivalent au nombre actuel de déplacés. Derrière cette dynamique encourageante en apparence se cache pourtant une réalité beaucoup plus complexe et fragile.

Dans l’Est du pays, épicentre de la crise sécuritaire, les retours sont particulièrement significatifs. En l’espace de 18 mois, plus de 4 millions de personnes ont regagné leurs milieux d’origine. La province du Nord-Kivu arrive en tête avec 2 131 034 retournés. Le Sud-Kivu suit avec 983 576 personnes, de l’Ituri avec 875 731 retournés, et enfin du Tanganyika avec 66 676 personnes retournées. Ces chiffres témoignent d’un mouvement massif de populations, souvent motivé par l’espoir de retrouver une vie normale après des mois, voire des années d’exil interne rapporte l’OIM.

Cependant, ces retours ne signifient pas nécessairement une amélioration durable des conditions de vie. Dans de nombreuses zones, les causes profondes des déplacements notamment l’insécurité liée aux groupes armés persistent. L’avancée de groupes comme le M23 dans certaines zones du Nord-Kivu a d’ailleurs provoqué des déplacements répétés. Cette situation oblige certaines familles à fuir à nouveau après être revenues. Ce phénomène de déplacements secondaires illustre bien la précarité des retours.

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Sur le plan national, le rapport note une augmentation de 5 % des retours depuis octobre 2025. Une évolution qui pourrait être interprétée comme un signe d’amélioration, mais qui doit être relativisée. En réalité, de nombreux retournés rentrent dans des environnements dégradés : maisons détruites, infrastructures inexistantes, accès limité aux services de base. L’absence d’assistance suffisante complique davantage leur réintégration. 87% des personnes déplacées interne vivent au sein de familles d’accueil indique le rapport de l’OIM.

95 966 déplacés retournées dans la région de l’ouest du pays

Dans l’Ouest du pays, la situation est encore différente. 93% des déplacés interne dans l’Ouest du pays le sont en raison du conflit. Les provinces du Maï-Ndombe, du Kwilu, du Kwango et la ville de Kinshasa ont enregistré environ 95 966 personnes retournées. Contrairement à l’Est, cette région connaît une baisse de 36 % des retours depuis fin 2025, en raison de tensions intercommunautaires persistantes et d’une instabilité locale qui freine les mouvements de retour.

Au-delà des chiffres, la question essentielle reste celle de la durabilité de ces retours. Le rapport souligne que 37 % des retournés dans l’Est sont des enfants de moins de 18 ans et 72 % sont des femmes. Ces données mettent en évidence la vulnérabilité des populations concernées. Elles sont souvent exposées à des conditions de vie difficiles et à un manque de protection.

Face à cette situation, les acteurs humanitaires insistent sur la nécessité d’accompagner les retours par des actions concrètes. C’est notamment la reconstruction des habitations, l’accès à l’eau, à la santé, à l’éducation et la relance des activités économiques.