Lubumbashi : controverse autour d’un cimetière près de Kimilolo 2
Des chercheurs en environnement et des acteurs de la société civile de Lubumbashi s’opposent à un projet de construction d’un cimetière moderne à proximité du site de captage de Kimilolo 2. Cette station alimente en eau potable près de 80 % de la population de la ville.
Depuis près d’un mois, des travaux d’aménagement sont en cours dans la zone de captage d’eau . Ils visent en effet l’érection d’un nouveau cimetière moderne. Pour le professeur Jean-Pierre Ndjibu, chercheur en environnement, ce projet représente un danger pour la qualité de l’eau.
Selon lui, la décomposition des corps peut contaminer les nappes phréatiques. Il met également en garde contre les produits chimiques utilisés pour l’embaumement. Ils sont susceptibles de polluer aussi bien la nappe phréatique que les sources d’eau.
» Il est formellement interdit de construire un cimetière dans une zone de captage d’eau parce que c’est très risqué. Les corps en décomposition finissent par polluer les nappes phréatiques. En outre, les produits qui sont utilisés pour embaumer les corps sont des produits toxiques « , insiste le professeur Jean-Pierre Ndjibu.
Crainte d’un tarissement de la nappe
Au-delà de la pollution, les spécialistes alertent sur un autre risque : celui du tarissement de la nappe aquifère qui alimente le site de captage de Kimilolo 2. Pour eux, il y a un périmètre autour du site de captage qui doit etre protégé. En effet, ce périmètre peut aller jusqu’à 10 kilomètres afin de protéger la source d’eau qui alimente le site, indique encore le professeur Jean-Pierre Ndjibu. De plus, les travaux de terrassement du site du cimetière vont provoquer un ruissellement de l’eau pendant la saison des pluies. Et pourtant, dans cette zone, l’eau doit s’infiltrer dans le sol afin d’alimenter la nappe.
Ainsi, toute atteinte à cette ressource pourrait avoir des conséquences importantes sur l’approvisionnement en eau potable de la ville. L’usine de traitement d’eau de Kimilolo sera moins alimentée en eau. De ce fait, près de 80 % de la population de Lubumbashi risque d’être privée d’eau potable, soutiennent les chercheurs en environnement.
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La société civile exige l’arrêt du projet à proximité de Kimilolo
De son côté, la société civile environnementale hausse le ton. Le projet d’érection d’un cimetière dans la zone de Kimilolo 2 met en danger la vie des habitants de Lubumbashi. Jean-Félix Ngandu, chargé des questions environnementales au sein de la société civile, réclame l’annulation des actes administratifs ayant permis le lancement du projet.
« Nous demandons l’annulation sans condition de tous les procès-verbaux de mesurage, de bornage et des titres fonciers. En outre, il faut stopper immédiatement les travaux de terrassement en cours. Il faut également initier une action en justice contre le chef du service du cadastre impliqué dans le dossier, dit-il avec insistance.
La société civile dénonce également la proximité entre les deux sites. Les travaux d’érection de ce cimetière sont exécutés à environ 500 mètres seulement du site de captage d’eau, soutient-elle.
La Regideso subit, le promoteur du projet se défend
La REGIDESO n’est pas à sa première expérience de spoliation de son périmètre. Ces vingt dernières années, elle a perdu plus de 68 % de la superficie de ses trois sites de captage d’eau dans la ville de Lubumbashi. Sur le site de Kimilolo d’une superficie de 87 hectares, plus de 49 hectares sont spoliés, soit environ 56% .
Ainsi, le projet de l’érection d’un cimetière près de Kimilolo 2 vient s’ajouter à la liste des cas de spoliation. Le directeur provincial de la Regideso, monsieur Angoyo, contacté, dit s’en remettre aux autorités compétentes pour gérer ce dossier. « Je crois qu’il faut plutôt contacter le gouvernement provincial. Aussi, il faut voir ce dossier avec les ministères des affaires foncières, de la santé, de l’environnement et de l’énergie », a-t-il indiqué.
Le promoteur du projet du cimetière déclare à qui veut l’entendre que le futur cimetière sera implanté à près de deux kilomètres du site de captage. Il estime que cette distance est suffisante pour éviter tout impact sur les installations de production d’eau.

