Lubumbashi : les déplacés, pourquoi l’aide humanitaire tarde-t-elle?

Lubumbashi : les déplacés, pourquoi l’aide humanitaire tarde-t-elle?

Il y a presque trois mois que les déplacés interne de guerre ont été enregistré à Lubumbashi par les autorités locales et les services humanitaires. Ces déplacés de guerre sont installés dans différentes commune de Lubumbashi. Près de trois mois après, ils attendent toujours l’aide humanitaire. Sur terrain, les conditions de vie se dégradent et l’incompréhension grandit. Ces victimes s’interrogent sur le pourquoi l’aide humanitaire tarde-telle, à venir ?

Selon Paul Biamungu, représentant des déplacés de guerre, l’opération d’enregistrement a été menée par trois services. Il s’agit de la mairie de Lubumbashi, la Division provinciale des actions humanitaires et la commune Annexe.

Une dizaine de cellules accueillant les déplacés ont été visité pour y recenser les déplacés. C’est notamment Luwowoshi dans la commune Ruashi, Kassangiri, Kipanta dans la commune Kampemba, la Vallée et la zone du marché Moïse dans la commune annexe. Les équipes, composées de 8 représentants des trois services, ont sillonné les différents sites où les familles sont dispersées. Chaque service comptait deux personnes, explique Paul Biamungu. « Nous sommes éparpillés dans différentes cellules ».

Au total, 184 familles ont été enregistrées. Selon Paul Biamungu, l’opération s’est déroulée rapidement et dans de bonnes conditions. Ainsi, les rapports ont été transmis aux services concernés, assure Paul Biamungu. Il dit s’être personnellement rendu à la commune Annexe ainsi qu’à la mairie, où il lui a été confirmé que les documents avaient été réceptionnés. « Ça nous a même donné l’espoir que tout irait bien ». Toutefois, les services qui ont effectué l’identification ont informé les déplacés qu’il doivent attendre l’enregistrement du ministère de l’intérieur pour enfin recevoir l’aide humanitaire. Chose qui n’a pas encore été fait jusque-là. Et  depuis, aucune asistance n’a été distribuée.

Les trois services ne suffisent pas

Vue la dégradation de condition de vie des déplacés, ce 05 juin, l’acteur de la société civile Bertin Tshoz, a, sur sa page écho Gouvernance sécuritaire et Paix a lancé un rappel aux autorités sécuritaire sur l’enregistrement des déplacés. Selon lui, l’enregistrement effectué jusqu’à présent ne remplace pas celui qui devrait être conduit par le ministère de l’Intérieur avec l’appui des services de sécurité.

D’après Bertin Tshoz, cette étape est indispensable pour identifier formellement les déplacés. C’est aussi, une façon de prévenir toute infiltration d’éléments armés parmi les populations ayant fui les zones de conflit. « Le ministère de l’Intérieur, avec la police, l’ANR et la DGM, devait enregistrer les personnes qui sont venues. Ceci, pour que demain on ne puisse pas dire qu’il y avait des M23 et d’autres infiltrés ».

Selon Bertin Tshoz, une fois cette vérification sécuritaire réalisée, les listes devraient être transmises aux services humanitaires et aux autorités urbaines afin de faciliter la prise en charge des déplacés. Cependant, il affirme que cette procédure n’a jamais été menée jusqu’à son terme. « Les nombres sont en train de s’accroître, mais rien n’est fait », rapporte-t-il.

En attendant, les conséquences de ce retard se font sentir dans les sites d’accueil. Paul Biamungu évoque notamment plusieurs cas de traumatismes psychologiques liés à la guerre. Ceci s’observe particulièrement chez les femmes. « Beaucoup de femmes sont déjà traumatisées gravement, même jusqu’à la folie ». Trois femmes sont actuellement prises en charge pour des troubles mentaux, ajoute-t-il. D’autres déplacés souffrent également des conséquences de la précarité. Paul Biamungu rapporte notamment qu’une personne a récemment été hospitalisée après s’être effondrée à cause de la faim. Tandis que plusieurs enfants souffrent de maladies respiratoires après avoir passé des nuits dehors, exposés au froid et aux intempéries.

Des interrogations en sans réponse

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Face à cette situation, Paul Biamungu peine à comprendre les raisons du retard observé dans l’acheminement de l’aide. D’autant plus que plusieurs responsables auraient déjà promis une assistance. notamment le président de l’Assemblée provinciale il y a environ trois mois et demi et le ministre de l’Intérieur il y a près de deux mois et demi.
Plus récemment, certains déplacés ont été informés qu’un nouvel enregistrement pourrait être effectué par le ministère de l’Intérieur. Une éventualité qui soulève des interrogations au sein de la communauté. « Est-ce que le rapport de la mairie, celui des actions humanitaires et celui de la commune Annexe ne suffit pas ? », s’interroge Paul.

Dans son message aux autorités, le représentant des déplacés appelle à une intervention rapide. « Qu’ils se souviennent de nous. Nous sommes des victimes innocentes », lance-t-il.
Selon lui, les déplacés ont réussi à échapper à la guerre, mais demeurent aujourd’hui menacés par la faim, la maladie et l’absence d’assistance. « Sans l’aide humanitaire, les déplacés vont finir ici », penrerévient-il.