Lubumbashi: nouveau sit-in des déplacés au gouvernorat
Depuis près d’un mois, des déplacés du Nord et Sud-Kivu multiplient les démarches auprès des autorités provinciales du Haut Katanga dans l’espoir d’obtenir l’assistance promise. Cependant, en l’absence de réponse, leur situation humanitaire continue à se détériorer. Ils sont forcés de passer des nuits et journées à la belle étoile afin d’être entendus.
Depuis ce lundi matin, aux environs de 8 heures, un groupe de déplacés internes campe devant le gouvernorat en espérant être enfin reçu par les autorités. Si des enfants jouent innocemment, leurs mamans sont pour la plupart allongées à même le sol. Les hommes sont assis en face de l’entrée du gouvernorat. Ils ont tous passé la nuit ici, à la belle étoile. Après cette première nuit , ces hommes, femmes et enfants sont toujours là, dans l’attente d’un geste concret. Leur présence, loin d’être spontanée, s’inscrit dans une démarche engagée depuis maintenant un mois.
Ces déplacés affirment avoir reçu des promesses d’assistance qui, jusqu’à ce jour, n’ont jamais été concrétisées. « On nous avait dit de revenir car on allait nous recevoir. Le rendez-vous avec le gouverneur lui-même était prévu hier . Mais jusqu’à ce mardi, nous ne sommes pas reçus, confie Dieudonné Mwango, l’un des déplacés.
De plus il précise que toutes les démarches n’ont pas abouti » On ne nous remettait que le transport et on rentrait dans nos lieux de refuges. Là, nous voulons juste que l’on nous donne un abri, un endroit pour vivre » dit il d’un ton triste.
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Les femmes souhaitent un fonds pour lancer le petit commerce.
La situation humanitaire de ces familles est particulièrement préoccupante. Certains n’ont pas mangé depuis plusieurs heures, voire plusieurs jours. D’autres dorment à la belle étoile, sans abri ni protection. « Notre situation se détériore de jour en jour. Nous voulons vraiment qu’on nous aide. Que nos enfants reprennent l’école. Nous passons la nuit dehors avec les enfants » explique Cécile, une mère de famille, visiblement épuisée. Elle souligne également que leur santé est aussi affectée » Regardez …il y a des histoires qui apparaissent sur les corps faute de soins. Tout ce qu’une personne peut avoir pour répondre à ses besoins nous manque » déplore-t-elle.
Au-delà de l’assistance immédiate, ces familles expriment également un besoin d’autonomisation. Elles ne souhaitent pas dépendre indéfiniment de l’aide humanitaire, mais demandent un appui minimal pour démarrer de petites activités génératrices de revenus. « Aussi si l’on peut nous aider avec quelque chose afin que nous commencions de petites activités économiques pour pouvoir reconstruire notre vie » indique encore Cecile.
Malgré ces appels, les déplacés dénoncent une certaine indifférence des autorités. Certains affirment avoir été informés qu’une rencontre avec le gouverneur pourrait avoir lieu ce 21 avril 2026, mais aucune confirmation officielle n’a encore été donnée.
Malgré cette incertitude, la détermination reste forte. « Même si cela doit prendre une semaine, nous resterons ici jusqu’à ce qu’on nous écoute », affirment-ils. Pour d’autres, le découragement commence à s’installer. Certains en viennent à regretter d’avoir quitté les zones de conflit. Ils estiment que leur souffrance s’est simplement déplacée avec eux.

