RDC-BGR: plus de 112 000 exploitants recensés sur 90 sites artisanaux

RDC-BGR: plus de 112 000 exploitants recensés sur 90 sites artisanaux

Le BGR (Institut fédéral allemand des géosciences et des ressources naturelles) a présenté lors de la DRC Mining week les résultats d’une campagne de cartographie des sites miniers artisanaux. L’étude a été réalisée dans le Haut-Katanga et le Lualaba dans le cadre de ses activités d’appui au secteur minier. Elle fournit des données sur les sites actifs dans l’exploitation minière artisanale. Elle donne aussi le nombre d’exploitants, ainsi que la participation des femmes et des enfants aux activités minières.

Selon Mostapha Aitichou, géologue au BGR, les équipes ont parcouru 90 sites miniers artisanaux répartis dans le Haut-Katanga et le Lualaba. Cette mission de terrain a permis de recueillir des données quantitatives précises sur les exploitants et la structure du secteur. « L’objectif de l’étude est d’avoir un aperçu général des différents sites miniers artisanaux et de mieux comprendre les réalités du secteur. C’est notamment le nombre d’exploitants, la répartition des acteurs et la situation des femmes et des enfants » explique Mustafa.

Les résultats de la cartographie indiquent un total de 112 351 exploitants miniers actifs sur les sites visités. Parmi ces exploitants, 11 632 sont des femmes. Ceci représente une proportion légèrement supérieure à 10 % de l’ensemble des acteurs recensés.

L’étude révèle également que la présence des femmes varie fortement selon les sites. En effet, 9 sites sur les 90 visités autorisent effectivement l’accès des femmes aux zones d’exploitation. Dans les autres sites, leur présence reste limitée ou encadrée de manière restrictive. ” C’est par exemple dans le site de Kapeshi dans le Haut-Katanga où l’on retrouve 4 femmes directement impliquées dans l’extraction“, indique-t-il.

Des enfants impliqués dans l’exploitation minière artisanale

Par ailleurs, l’organisation indique la présence des enfants sur les sites enquêtés. Les données recueillies montrent que 16 sites sur 90 enregistrent des enfants directement impliqués dans les activités minières. Ces enfants exercent des activités notamment de transport ou de lavage du minerai. 17 autres sites comptent des enfants présents sur les lieux, mais sans participation directe aux activités de production. Ces derniers accompagnant principalement leurs parents.

De plus,  sur 6 sites miniers recensés, des enfants participent directement à l’extraction minière. Ils sont  notamment dans les travaux de creusage.

Aucune ZEA parmi les 90 sites

L’ensemble de ces données a permis de dresser un tableau chiffré précis du secteur artisanal dans les zones du Haut-Katanga et du Lualaba.

« Les 90 sites identifiés ne sont pas des zones d’exploitation artisanale (ZEA), précise Mostapha Aitichou. En effet, certains parmi les milliers de creuseurs artisanaux occupent des sites appelés ”zones tolérées”. Il s’agit des périmètres appartenant à des sociétés industrielles et qui sont cédés temporairement aux creuseurs artisanaux. Par contre, d’autres exploitants artisanaux, extraient du minerai illégalement sur des sites des sociétés industrielles. De ce fait, assure le géologue du BGR, “les résultats de cette étude ont été envoyés aux autorités compétentes pour leur exploitation. Le but visé est la formalisation du secteur minier artisanal » précise Mostapha Aitichou.

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Avec cette base de données, le BGR a mis en place une plateforme numérique qui doit encore être avalisée par le ministère des Mines.