Unilu : 15 juillet, journée décrétée Université sans professeurs
Ce 15 juillet, tous les enseignants des universités publiques de la RDC observeront une journée sans activités académiques, scientifiques, administratives et techniques. L’annonce a été faite dans un communiqué signé le 13 juillet et rendu public ce 14 du même mois. Les organisations syndicales de l’enseignement supérieur et universitaire (ESURSI) exigent du gouvernement le respect des différents accords.
A Lubumbashi, l’Intersyndicale invite l’ensemble du personnel académique, scientifique, administratif, technique et ouvrier (PATO) à suspendre toutes les activités ce mercredi. Elle les appelle tous à se rendre au gouvernorat du Haut-Katanga pour y déposer un mémorandum.
Ce dernier reprend les revendications des agents de l’ESU. C’est notamment l’application effective des nouveaux barèmes salariaux et le paiement régulier de la paie complémentaire. De plus, le versement de la prime de recherche aux enseignants-chercheurs et la mise à disposition des véhicules promis aux professeurs. Le syndicat exige aussi la prise en charge des personnels scientifiques poursuivant des études de DEA, master ou doctorat, ainsi que la mécanisation des nouvelles unités du personnel de l’ESU.
Toutes les universités publiques sont concernées.
Cette initiative s’inscrit dans un mouvement national, indique le professeur Fenrand Numbi Mwamba Kanyepa, le président de l’intersyndicale de l’ACASUL. Selon lui, les professeurs avaient déjà organisé une action similaire il y a environ deux ou trois mois afin d’interpeller le gouvernement. Cependant, ce dernier n’a pas répondu à leurs revendications. “Nous revenons à la charge en vue de donner un préavis au gouvernement. Au cas où il n’y a pas de réponse, une grève générale et illimitée sera déclenchée le 22 juillet 2026.”
Une pression à la veille des examens
La menace des professeurs tombe au moment où l’année académique tend vers sa fin. D’après le calendrier académique, cette période est consacrée aux examens, aux défenses des thèses, des mémoires. Il y a également la collation de grade des étudiants finalistes.
Cette grève aura un impact négatif sur le déroulement des cours et autres activités académiques, s’inquiètent les étudiants. « Notre crainte est très grande », indique Adonis Radjabu, étudiant en Master 2 presse. « Lorsque les professeurs déclenchent la grève, nous, les étudiants, subirons le poids de cette action. Nous qui sommes des finalistes, nous avons besoin de clore les activités dans le respect du calendrier académique. »
Pour Plamedi Muswamba de la faculté de psychologie, la période est mal choisie pour déclencher un mouvement de grève. Selon elle, les professeurs devaient attendre la fin des examens. « C’est mieux que les enseignants terminent cette année, et ensuite ils pourront déclencher leur grève au début de l’année prochaine. » Les étudiants appellent le gouvernement à agir rapidement afin d’éviter le blocage des examens et des activités de fin d’année.
Cependant, le professeur Fernand Numbi, président du syndicat ACASUL, indique que le choix de la période n’est pas un hasard. Il est une stratégie pour mettre la pression sur le gouvernement. “Un arrêt de travail à cette période incitera davantage les autorités à répondre à nos revendications“, dit-il.
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L’intersyndicale affirme que les engagements du gouvernement restent bloqués en raison de ce qu’elle qualifie de « mauvaise foi » au niveau du ministère des Finances. Elle estime que cette situation empêche l’exécution des décisions déjà arrêtées par le gouvernement.

