Lubumbashi : la gouvernance aquatique du bassin du Congo au cœur du symposium à l’UNILU

Lubumbashi : la gouvernance aquatique du bassin du Congo au cœur du symposium à l’UNILU

L’université de Lubumbashi (UNILU) a fait réfléchir les scientifiques autour de la gouvernance aquatique du bassin du Congo. Ceux-ci ont proposé des solutions pour préserver les ressources aquatiques face aux pressions liées à l’activité humaine. C’était dans un symposium international qui s’est déroulé du 22 au 23 mai 2026. Les poissons du bassin du Congo étaient également au centre des échanges.

Le bassin du Congo est une aubaine aquatique incontournable pour des millions de ses populations à travers dix pays. Cependant, les chercheurs de l’UNILU restent convaincus que derrière chaque poisson vendu au marché, il y a une famille à nourrir et un avenir à préserver. Mais, également, un écosystème à protéger afin de garantir l’avenir du bassin du Congo.

La Pêche et la souveraineté alimentaire

Lors de ce symposium international, les scientifiques ont été unanimes. La pêche des poissons garantit la souveraineté alimentaire. Par ailleurs, le défi de gouvernance de cette ressource dans le bassin du Congo demeure majeur. En RDC par exemple, les autorités régulent la pêche et procèdent aux fermetures des cours d’eau. L’objectif de la politique est de garantir la reproduction des poissons dans le bassin du Congo. Le professeur Jules Lwamba, de son côté, encourage les décisions des politiques. Par contre, il croit plutôt à l’autorégulation des cours d’eau à l’exemple du lac Tanganyika.

« La pêche des poissons dans le lac Tanganyika ne se fait pas du 1ᵉʳ janvier au 31 décembre même si on le veut. Parce que le lac a un comportement particulier qui le rend inaccessible. Par exemple, le fameux vent du mois de juillet ‘sabasaba’, la pluie d’avril et la pleine lune aussi ferment le lac. Donc le lac se régularise lui-même », a martelé l’ancien ministre de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Élevage de la province du Tanganyika.

Par ailleurs, il appelle à l’éducation à la pratique de la pêche des pêcheurs pour assurer la gouvernance aquatique dans les cours d’eau.  « La question de la fermeture du lac ne peut pas être perçue par les pêcheurs comme une punition du gouvernement. Toutefois, il faut former et informer les pêcheurs de ne pas fréquenter par exemple les zones de frayères et de ne pas utiliser les matériels non autorisés. Inculquer aux pêcheurs la pisciculture comme une alternative à la crise des fermetures », a ajouté le vice-doyen de la faculté des sciences agronomiques.

Pour concilier la protection de la biodiversité aquatique du bassin du Congo et en même temps assurer la sécurité alimentaire, le gouvernement doit créer des zones de repos biologique de la production des poissons et développer l’aquaculture locale pour réduire la pression sur le lac Tanganyika et organiser les pêcheurs en coopérative pour mieux gérer et vendre les poissons.

Une position largement soutenue par le professeur Bauchet Katemo, directeur de l’école de la pêche de l’UNILU. Il croit également à la pisciculture comme alternative pour préserver le bassin du fleuve Congo. Il révèle que la pêche ne répond plus à la demande des populations.

« Actuellement 52 % des poissons consommés dans le monde proviennent des élevages et non des rivières, lacs et océans. Avec l’élevage des poissons, la Chine produit 62 % des poissons consommés dans le monde ». A martelé le scientifique.

La faillite de la gouvernance aquatique du bassin du Congo

Les cours d’eau et les lacs du bassin du Congo sont des atouts stratégiques pour l’économie et la sécurité alimentaire. Par conséquent, bien les gérer devient un moteur de développement. Pour cela il faut garantir une bonne gestion halieutique par les États et les communautés du bassin du Congo. En revanche, gouverner autrement devient un risque réel de conflits et de dégradations environnementales.

Il se pose ainsi un problème de législation qui crée la surpêche et les mauvaises pratiques de capture des poissons. C’est sans oublier la pêche clandestine. Par contre, pour résoudre la problématique de la protection des ressources aquatiques et garantir la sécurité alimentaire des populations, le professeur Bauchet Katemo propose le retour du pouvoir traditionnel sur les cours d’eau du bassin du Congo. Il reste convaincu que les réglementations ont ruiné le système de protection des poissons.

« Si on veut protéger les ressources aquatiques comme les poissons, il ne faut pas ravir le pouvoir de l’autorité coutumière. Il faut donc laisser la tradition gérer les ressources parce que les chefs coutumiers ont le pouvoir de protéger les poissons. Le contraire a fait disparaître certains poissons dans les eaux du bassin du Congo ». A-t-il dit, le professeur.

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Le bassin du Congo est l’une des régions les plus riches en biodiversité de poissons en Afrique. Il abrite environ 1 300 espèces, dont 70 % sont endémiques. Ce bassin se classe deuxième mondial, après celui de l’Amazonie. Elle est la source des ravitaillements des populations riveraines. Malheureusement la gestion de son exploitation pose encore problème.