Lubumbashi: nouvelle manifestation des vendeurs du marché Mzee
Après le rendez-vous manqué de vendredi 24 juillet 2026, ce mardi, les vendeurs et vendeuses du marché Mzee Laurent Désiré Kabila étaient de nouveau dans la rue . Objectif, rencontrer les élus locaux en vue de faire entendre leur voix contre la démolition du marché Mzee. Ils ont marché depuis leur lieu de travail jusqu’à l’assemblée provinciale du Haut-Katanga.
Ils étaient plus d’une centaine de personnes sur l’avenue Lumumba, ensuite sur l’avenue du 30 juin. Les vendeurs et vendeuses scandaient des chansons entonnées par une fanfare de la place. Marchant au rythme des instruments musicaux, chaque vendeur et vendeuse tenait à la main un papier. Trois messages y étaient inscrits : « Nous refusons avec notre marché », « nous disons non à la démolition », « le marché Mzee est un acquis, stop à la démolition.»
Devant le siège de l’assemblée provinciale du Haut-Katanga, un important dispositif de la police était bien installé. A la porte d’entrée, environ six agents de l’ordre étaient debout, constituant ainsi un mur pour empêcher l’accès aux manifestants.
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Malgré ce dispositif policier, les vendeurs et les vendeuses n’ont pas engagé un bras de fer avec les éléments de la police. Ils ont opté pour une manifestation pacifique. Ceux qui étaient fatigués, se sont assis sur les bordures des fleurs plantées devant la clôture du bâtiment de l’assemblée. D’autres ont trouvé refuge devant les magasins et boutiques construits en face de l’organe délibérant.
Pendant ce temps, des jeunes gens faisaient des va-et-vient sur l’avenue du 30 Juin, le tronçon entre Sandoa et l’avenue du musée, tout en chantant. Quant aux femmes qui étaient encore fortes, elles ont continué à chanter debout devant la barrière de l’entrée principale du siège de l’Assemblée provinciale sous le regard de la police.
Les vendeurs se confient
Au-delà des chants et de la musique de la fanfare, un vendeur quitte la foule et se confie. « Nous avons marché aujourd’hui pour exprimer notre mécontentement au sujet de la vente du marché Mzee. La construction d’un marché moderne n’est pas une priorité dans la ville de Lubumbashi. Le marché qui nécessite une construction, c’est le marché de la commune de Kamalondo. »
Une vendeuse joint sa voix à celle de son collègue, et dit, « Le marché Mzee Laurent Désiré Kabila, de par son appellation, est un acquis historique. Démolir cette infrastructure pour y construire une autre, c’est effacer toute une histoire que nous racontons à nos enfants. » Un autre manifestant vient compléter : « Si on veut construire un nouveau marché, qu’on le fasse ailleurs.”
Un père de famille qui est aussi un vendeur au marché Mzee s’inquiète pour la survie de sa famille. « Je demande au gouvernement de nous laisser travailler. D’ici là, c’est la rentrée scolaire. Comment allons-nous faire ? Je ne vis que grâce à ce petit commerce. »
Jusqu’à 13 h passées, les manifestants n’ont eu aucun interlocuteur de l’assemblée provinciale. Selon les policiers rencontrés à la barrière devant le bâtiment de l’assemblée provinciale, aucun député n’était présent pour recevoir les manifestants. Tous sont en vacances parlementaires.
Depuis bientôt deux semaines, le gouverneur a.i de la province a annoncé la construction d’un marché moderne au centre-ville de Lubumbashi. Ce dernier devrait remplacer l’actuel marché Mzee Laurent Desiré Kabila. Selon des sources proches des responsables de ce marché, près de 17 000 vendeurs exercent dans ce lieu de négoce.

