Lualaba: les « Biongozi » les gangs qui imposent l’insécurité à Kolwezi

Lualaba: les « Biongozi » les gangs qui imposent l’insécurité à Kolwezi

L’insécurité gagne du terrain à Kolwezi dans la province du Lualaba et les « Biongozi » sont les gangs qui imposent la peur dans la capitale mondiale du cobalt. Malgré les réunions de sécurité par les autorités provinciales et urbaines et les mesures prises pour barrer la route aux « Biongozi » et aux autres bandits. Malheureusement sur le terrain rien n’a changé. Les populations appellent les autorités provinciales à prendre des mesures draconiennes pour mettre fin à ce fléau.

Les témoignages des populations contre les Biongozi convergent face à la montée du banditisme urbain. Certains habitants racontent des nuits marquées par des coups de feu, des portes forcées et des vols de biens. D’autres disent limiter leurs déplacements après le coucher du soleil. Cette situation affecte également les activités économiques. Plusieurs commerçants ferment leurs boutiques plus tôt afin d’éviter les risques. Sur les réseaux sociaux, les images des actions de ces gangs font mouche.

Plusieurs quartiers demeurent sous le contrôle des délinquants et des bandits. « On ne sait pas si vraiment l’autorité de l’État existe dans cette ville de Kolwezi. Les Biongozi font des dégâts et se filment sans peur. Par ailleurs, même quand on appelle la police, l’intervention ne vient pas». Raconte Mukand Jacques, habitant de Kanina qui se dit victime des actes « Biongozi » après avoir perdu son smartphone.

Qui sont ces « Biongozi » qui imposent l’insécurité à Kolwezi?

Les Biongozi, c’est littéralement le pluriel du nom swahili « Kiongozi », qui signifie « le guide» ou le chef de file. En réalité il s’agit des creuseurs artisanaux des différents quartiers périphériques de Kolwezi organisés en groupes de gangs dont chacun cherche le contrôle de site minier artisanal. Cependant, les Biongozi sont en majorité dans les quartiers Tshimpuki, Sabbat, Cinq ans, Kapata et de Tshabula dans la cité de Musonoie. Les remblais de stockage de stérile de l’entreprise COMMUS sont souvent au centre des affrontements entre eux.

Les Biongozi s’illustrent désormais comme un phénomène qui prend de l’ampleur dans la ville de Kolwezi. Ces groupes ont mis en place des barrières, des points de contrôle et imposent des taxes de passage dans certains endroits des quartiers précités. Ils ravissent des biens et font  passer à tabac des innocents.

D’ailleurs le matin du 3 août dernier, il y a eu un affrontement à Luilu opposant Biongozi Galaxy et Biongozi Simba. Pendant la même nuit du 3 au 4, les Biongozi avaient incendié  les maisons et dépôts des négociants miniers à Tshabula. L’insécurité à Kolwezi devient une préoccupation pour plusieurs. Toutefois, Nathan Nkulu, l’un des leaders communautaires de la cité minière de Musonoie, estime qu’il s’agit de la recherche des moyens de subsistance face au  chômage qui gangrène les jeunes dans les quartiers périphériques de la capitale mondiale du cobalt.

L’absence de l’autorité de l’État ?

Alain Katenga, parle plutôt de la faiblesse de la présence de l’État dans la ville de Kolwezi. « De jolis sites en passant par Luilu, Kapata et Kanina,  la ville de Kolwezi est sous l’insécurité. Désormais, beaucoup de gens dorment dans leur lieu de travail et dans des églises plutôt que dans leurs propres maisons. Au contraire, il n’y a que les autorités qui dorment en paix parce que sécurisées ». A dit le député national sur le plateau de nos confrères de Wangu TV à Kolwezi.

Signalons par ailleurs que les autorités présentent de plus en plus l’arrestation des groupes de délinquants qui tombent dans les filets de la police. Ce qui montre que les autorités font de leur mieux pour sécuriser les populations contre l’insécurité.