Sakania plongé de nouveau dans le noir depuis plus de 5 mois

Sakania plongé de nouveau dans le noir depuis plus de 5 mois

Depuis plusieurs jours, le territoire de Sakania, dans la province du Haut-Katanga, est privé d’électricité. La coupure touche également Lukangaba, une localité située à une quinzaine de kilomètres de Sakania. Les hôpitaux fonctionnent au ralenti, la morgue est aussi privée d’électricité, les activités économiques sont paralysées et l’insécurité gagne du terrain. 

À la tombée de la nuit, Sakania disparaît dans l’obscurité. Les rues ne sont plus éclairées. Les commerces ferment leurs portes plus tôt que d’habitude. Les habitants se déplacent à la lumière des téléphones et des lampes torches, explique Chrinodel Amisi, habitant du coin. “Nous avons fait 5 mois sans électricité. Au mois de juillet, on a rétabli le courant électrique pendant 3 jours et puis il y a une nouvelle coupure  jusqu’au moment où je vous parle. La cité est dans le noir.” A Lukangaba, la population est confrontée aux mêmes difficultés, dit-il.

Au fil des jours, les conséquences deviennent plus lourdes. Les bars, les terrasses et les boucheries voient leur clientèle disparaître. Certains cybercafés et bureautiques restent fermés. D’autres travaillent au ralenti à l’aide des groupes électrogènes avec un impact sur le prix et le service. Les ateliers qui dépendent d’électricité suspendent leurs activités. Les pertes financières s’accumulent et plusieurs petits entrepreneurs disent ne plus savoir comment poursuivre leurs activités.

Les hôpitaux ne sont pas épargné

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La situation est encore plus préoccupante dans les établissements de santé. Plusieurs structures sanitaires fonctionnent dans des conditions extrêmement difficiles. Les médecins et les infirmiers peinent à assurer certains soins. La morgue de l’hôpital général de Sakania est également privée d’alimentation électrique. Elle fonctionne grâce à un groupe électrogène. Cette situation fait craindre une détérioration des conditions de conservation des corps ainsi que d’importantes difficultés logistiques.

Dans un premier temps, un groupe électrogène acquis par les responsables de la société nationale d’électricité avait permis d’alimenter provisoirement la cité. Mais, selon plusieurs témoignages recueillis sur place, cet équipement est tombé en panne. Depuis, Sakania ne dispose plus d’aucune solution de secours.
Face à cette crise, les habitants multiplient les appels aux autorités. “Que les autorités apportent une solution.” Les organisations de la société civile et plusieurs leaders communautaires demandent une intervention urgente afin de rétablir l’électricité et de limiter les conséquences de cette panne prolongée.

Une cité dans le noir, un camp minier sous les projecteurs

Au milieu de cette obscurité, une seule partie de Sakania reste éclairée. Les camps de l’entreprise minière Frontier SA continuent de bénéficier de l’électricité grâce à leur propre système d’alimentation. Seuls les travailleurs de l’entreprise qui résident dans ces camps profitent de cette énergie.

Cette situation nourrit un profond sentiment d’injustice. Le camp de Frontier SA est pourtant implanté au cœur même de la cité. Selon le  témoignage d’un habitant qui a requis l’anonymat, la Société nationale d’électricité (SNEL) n’a jamais relié les lignes de moyenne tension afin de permettre à la population de bénéficier, même provisoirement, de cette source d’énergie.

Comme conséquence, les habitants dénoncent une montée de l’insécurité. Ils rapportent des vols répétés ainsi que plusieurs actes criminels enregistrés depuis le début de l’année.

A noter que la crise actuelle trouve son origine dans la suspension de la fourniture d’électricité par la société zambienne ZESCO dont dépend l’alimentation électrique de Sakania, Lukangaba et d’autres localités frontalières. La société zambienne réclame à la SNEL le paiement des factures pour la fourniture de l’électricité aux localités congolaises se trouvant à la frontière.