Lubumbashi : l’annonce du dialogue alimente débat

Lubumbashi : l’annonce du dialogue alimente débat

Au lendemain de l’annonce de l’ouverture du Dialogue national par Félix-Antoine Tshisekedi, le sujet s’est invité dans les conversations à Lubumbashi. Dans les marchés, les transports en commun et les avenues, certains habitants s’interrogent sur la durée du processus. D’autres mettent en avant la nécessité d’une participation plus large.

Ce vendredi matin à Lubumbashi, le discours présidentiel prononcé la veille continue de faire parler. Dans les marchés, les transports en commun, les quartiers et les avenues, le Dialogue national est au cœur des échanges.

La durée annoncée figure parmi les premières préoccupations. Le chef de l’État a fixé à trois mois au maximum l’ensemble du processus. Celui-ci doit commencer par des consultations dans les provinces. Les assises nationales se tiendront ensuite à Kinshasa.

Pour certains, « trois mois, c’est long ». Ils estiment que le contexte du pays impose d’aller rapidement vers des réponses concrètes. D’autres pensent toutefois que cette période peut être nécessaire. Elle permettrait aux différentes provinces de faire entendre leurs préoccupations et de formuler leurs propositions.

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La question de l’inclusivité occupe également une place importante dans les conversations. Certains estiment qu’« il faut tout le monde ». Selon eux, le Dialogue doit réellement refléter la diversité des réalités congolaises.

Le discours présidentiel prévoit justement une vaste consultation dans les 26 provinces. Elle doit associer les populations et les autorités locales. Les acteurs politiques de la majorité comme de l’opposition sont également concernés.

La société civile, les autorités coutumières et religieuses doivent aussi être associées. Le processus prévoit également la participation des femmes, des jeunes, des travailleurs, des entrepreneurs, des enseignants et des chercheurs. Les acteurs de l’économie informelle sont aussi  ciblés.

La participation de tous au cœur des discussions

Cependant cette volonté d’inclusion ouvre un autre débat. Il concerne la participation de ceux qui ont pris les armes.

Sur ce point, le président de la République pose une limite. Il affirme que nul ne doit être exclu en raison de ses opinions. Cela vaut aussi pour l’appartenance politique, l’origine provinciale, la langue, l’ethnie ou la religion.

En revanche, il estime que ceux qui prennent les armes contre la Nation ne peuvent pas utiliser cette violence pour obtenir une place à la table du Dialogue.Cette position fait également réagir. Quelques Lushois pensent que les revendications doivent pouvoir être entendues. « Normalement tous doivent prendre part au dialogue. Il faut entendre même ceux qui ont pris les armes” indique un Lushois debout dans un arrêt de bus.  D’autres estiment que la participation ne peut se faire au moyen des armes. « Ceux qui ont pris les armes ne peuvent pas participer car ils ont tué les congolais » , rétorque un autre.

Le chef de l’État prévoit néanmoins une possibilité de réintégration. Elle concerne ceux qui renonceraient de manière sincère et vérifiable à la violence et à leur engagement armé.