Six décès, les déplacés de l’Est face à une nouvelle épreuve
La situation des déplacés de guerre originaires du Nord-Kivu et du Sud-Kivu reste préoccupante à Lubumbashi. Après plusieurs mois de précarité, ces familles font désormais face à une autre difficulté. C’est celle d’enterrer dignement leurs proches.
Selon Paul Byamungu, président des déplacés du Nord et du Sud-Kivu installés dans la capitale du Haut-Katanga, six personnes sont déjà décédées au sein de leur communauté. Faute de moyens financiers, les familles éprouvent d’énormes difficultés à organiser les obsèques.
Pour faire face à ces situations, les déplacés se tournent notamment vers les églises qui les accueillent. « Nous prenons des prêts que nous devons rembourser après », explique Paul Byamungu. Une solution qui permet d’assurer les funérailles, mais qui alourdit davantage les charges de familles déjà confrontées au manque de nourriture, de logement et de soins.
Lire aussi :Lubumbashi : des déplacés du Kivu de nouveau devant le gouvernorat
Le dernier cas remonte à ce vendredi 28 août. Une femme est décédée après avoir donné naissance à un garçon. La survie et la prise en charge du nouveau-né constituent désormais une nouvelle source d’inquiétude pour la communauté.
Les déplacés au bout de leur souffle
Cette situation intervient alors que les déplacés avaient déjà multiplié les appels à l’aide. En mars, une centaine d’entre eux avaient organisé un sit-in devant le gouvernorat du Haut-Katanga pour dénoncer leurs conditions de vie. En avril, certains avaient même passé une nuit à la belle étoile devant le gouvernorat, réclamant une prise en charge urgente.
Une assistance leur avait ensuite été remise en mai par un collectif de journalistes à la paroisse Notre-Dame des Pauvres. Mais la précarité persiste. En juillet encore, ces déplacés manifestaient devant le gouvernorat pour réclamer une assistance humanitaire.
Paul Byamungu déplore aujourd’hui les promesses non tenues du gouvernement provincial et de l’Assemblée provinciale du Haut-Katanga. Il lance un nouvel appel aux autorités, mais aussi aux hommes et femmes de bonne volonté, afin de venir en aide à ces familles confrontées à une situation humanitaire qui s’aggrave.

