Lubumbashi : 2 ONG exigent la fermeture des cachots clandestins
Des lieux de détention hors contrôle judiciaire sont dans le viseur de deux organisations de défense des droits humains. À Lubumbashi, l’ASADHO-Katanga et le Groupe d’action non-violence évangélique (GANVE) tirent la sonnette d’alarme. Dans un communiqué conjoint daté du 2 septembre 2026, les deux organisations dénoncent l’existence de cachots, « amigos » et autres lieux de détention clandestins où seraient commis des actes de torture et des traitements cruels, inhumains et dégradants.
Selon ces organisations, des citoyens se plaignent régulièrement d’arrestations arbitraires, de violences, d’amendes transactionnelles exorbitantes et de trafic d’influence impliquant des hommes en uniforme. Ces pratiques se dérouleraient dans des endroits qui échappent au contrôle des autorités judiciaires.
Le communiqué cite notamment un cachot situé au camp FARDC Kibati, dans la commune de Kampemba. Des hommes, femmes et enfants y seraient détenus ensemble. Et c’est dans « des conditions sanitaires difficiles, sans eau potable ni installations hygiéniques.» Les organisations dénoncent également des cas de torture et de détention dépassant la durée légale de la garde à vue.
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D’autres sites sont signalés sur la route Kipushi, à l’ancien péage Kisanga, ainsi qu’à Kasungami, dans la cellule 200 maisons. À Kalebuka, plus de trois « amigos » seraient également tenus par certains éléments présentés comme incontrôlés du parti politique UNAFEC.
Une inspection réclamée
Face à cette situation, l’ASADHO-Katanga et GANVE demandent aux autorités judiciaires du Haut-Katanga d’inspecter tous les cachots, « amigos » et lieux de détention. Elles sollicitent aussi la fermeture de ceux qui fonctionnent clandestinement ou sont associés à des actes de torture.
Les deux structures rappellent que les lieux de détention doivent être connus, identifiés, cartographiés et placés sous contrôle judiciaire. Elles invoquent également l’article 16, alinéa 4, de la Constitution, qui interdit tout traitement cruel, inhumain ou dégradant.
Elles appellent enfin à l’ouverture rapide d’enquêtes et à la poursuite des auteurs présumés de torture devant les juridictions compétentes. Les victimes sont, elles aussi, encouragées à déposer plainte.
De son côté, Jean Jacques Kashiba Ntambo Ministre provincial de l’intérieur indique ignoré cette situation. « Aucune ONG ne nous a fait part de la présence des cachots clandestins à Lubumbashi » dit-il. Et de renchérir « Nous connaissons qu’il y a le cachot à la BCRS et ceux érigés dans différents sous-ciats.» Le Ministre appelle ainsi les acteurs de la société civile à bien collaborer avec le Gouvernement provincial.

