Kolwezi: l’exploitation spectaculaire du cobalt dans les maisons à Musonoï

Kolwezi: l’exploitation spectaculaire du cobalt dans les maisons à Musonoï

Le quartier Musonoï à Kolwezi au Lualaba se transforme d’une manière spectaculaire. C’est suite à l’exploitation du cobalt et du cuivre dans les maisons. Les familles préfèrent déménager pour exploiter le sous-sol de leurs parcelles.

L’expansion des mines industrielles touche de plus en plus les résidences des communautés. C’est le cas par exemple dans les cellules Kabila 1 et 2 à Musonoï. Il n’y a pas que l’exploitation industrielle qui grignote la ville de Kolwezi, il y a également l’exploitation artisanale du cobalt et du cuivre. Depuis un temps, une exploitation artisanale a vu le jour dans les parcelles. Selon des sources sur place, les gisements à haute teneur en cobalt et en cuivre ont été découverts.

Une exploitation spectaculaire 

Des trous sont visibles partout dans les avenues des cellules Kabila 1 et 2. Une forte présence de mineurs artisanaux dans la circulation. En même temps, des barres des mines à la main, d’autres dans les bars de fortune savourant l’alcool indigène produit dans le même milieu. 

Dans les parcelles, les tas de remblais jonchent les espaces vides, ne laissant que des couloirs pour servir de passages entre les puits. Pendant ce temps, visiblement des puits allant à plus de 70 m et des galeries souterraines envahis par les creuseurs en pleine activité. Dans certains endroits encore, c’est dans des maisons, soit au salon ou dans les chambres à coucher, que servent les points des descentes vers les sous-sols. Par ailleurs, des sacs de minerais sortent des puits et certains stocks en petit sac s’entassent dans des camions ou sur les motos, prêts à  quitter le lieu d’extraction.

Autre constat : malgré l’activité intense de cette exploitation, certaines familles continuent d’y demeurer avec tous les dangers possibles. Néanmoins, certains ont préféré abandonner leurs parcelles en livrant même les maisons pour servir à cette exploitation artisanale. « Nous avons préféré abandonner notre maison pour exploiter le sous-sol », raconte un jeune homme sous l’anonymat dans leur parcelle familiale à Kabila 2. Pendant qu’une équipe de creuseurs ramène du sous-sol des sacs de minerais riches en cobalt. Dans certains puits, on trouve une équipe de 70 creuseurs par puits qui travaillent en équipe pour faire monter les minerais. espace.ac

Qui sont les bénéficiaires ?

En effet, plusieurs personnes sont bénéficiaires et font les affaires autour de cette exploitation illicite. Chaque puits avec sa configuration. Il y a dans la chaîne de cette production le propriétaire de la parcelle, le propriétaire du puits. Ce dernier est celui qui a financé les travaux de la découverture du puits. C’est sans oublier les creuseurs artisanaux et les services étatiques qui rodent dans la zone. La collaboration est bien définie en avance selon les règles pour éviter les troubles entre les parties prenantes de la chaîne. Entre le propriétaire de la parcelle, les creuseurs et le propriétaire du puits, ils ont chacun leur jour de production. 

Les services de sécurité comme les militaires se trouvent également dans la partie et récoltent aussi leurs taxes. La coopérative qui encadre les exploitants artisanaux y tire aussi sa part. Quant au propriétaire de l’espace, il prélève 10 % de la production brute à chaque puits. En même temps, grâce à son expertise, SAEMAPE récolte également chaque samedi 100 000 CDF, soit l’équivalent de 45 dollars par puits pour ses services techniques. Les produits de cette exploitation seront transportés, conduits dans les comptoirs avant d’être acheminés dans les unités de traitement.

Il est vrai que cette exploitation du cobalt et du cuivre garantit la survie des mineurs artisanaux. Cependant, elle est dangereuse. Car elle se fait avec beaucoup de risques sur la santé et sur la vie. Un agent de sécurité nous fait la confidence sur les accidents incessants dans cette zone. “Il y a les éboulements et les creuseurs meurent quotidiennement ici. Au mois d’août dernier, nous avons repêché le corps de ces creuseurs artisanaux après l’éboulement d’un puits“, raconte-t-il. 

Fragilisation du sol

Les trous, des remblais et l’intensification de cette exploitation ont fragilisé le sol déjà impacté par l’exploitation industrielle de COMMUS. Exposant ainsi les habitants aux risques d’effondrement des maisons qui subissent des fissures et d’effondrements spectaculaires.

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Ecole Galaxy Musonoie

Toutefois, il ne s’agit pas d’une première exploitation de cobalt dans les habitations de la ville de Kolwezi. Le quartier Mutoshi et Kasulu sont également impactés par des activités similaires. En bref, c’est le revers de la transition énergétique.

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