Haut-Katanga : face à pollution minière, l’administration environnementale promet la rigueur de la loi

Haut-Katanga : face à pollution minière, l’administration environnementale promet la rigueur de la loi

À Lubumbashi, société civile, entreprises minières, magistrats, avocats et étudiants en droit de l’environnement ont croisé leurs points de vue sur les défis liés à l’exploitation minière. Pollution, contrôle de l’État, responsabilité des entreprises et insuffisance des données scientifiques ont dominé les échanges. Ce premier face-à-face dans le secteur minier a été organisé  vendredi dernier par L’IRDH.

En République démocratique du Congo, l’exploitation minière fait vivre l’économie du pays. Cependant, ces activités sont souvent pointées du doigt d’être à la base de plusieurs impacts négatifs. C’est notamment la pollution de l’eau, de l’air, du sol, etc. Dans la province du Haut-Katanga par exemple, des cas de pollution environnementale sont souvent signalés.

Cependant, les représentants des entreprises minières présents à ce débat ne sont pas prêts à accepter les accusations formulées contre leurs sociétés. Pour eux, l’exploitation des ressources naturelles se réalise dans un cadre réglementé.

« Nous allons exploiter et nous continuerons à exploiter. Mais on n’exploite pas gratuitement », a soutenu l’un d’eux.

Selon lui, les sociétés minières paient différentes taxes liées à leurs activités. En outre, il s’interroge sur la destination de l’argent recouvré par l’État. Aussi, il critique l’efficacité des services publics chargés du contrôle.

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Des données qui divisent

Certains miniers insistent également sur le manque de données scientifiques récentes permettant d’évaluer avec précision l’évolution de la pollution.

Pour eux, certains résultats présentés remontent à 2003 ou 2010. Et pourtant plusieurs exploitations minières ont connu d’importantes transformations, soutiennent-ils.

Les chercheurs ont par contre un autre avis. Ils affirment qu’il existe des données récentes sur des cas de pollution dans la province. C’est le cas de l’étude sur la pollution de l’eau réalisée en 2024 par l’unité de toxicologie de l’université de Lubumbashi. Celle-ci démontre que la quasi-totalité des rivières et des cours d’eau dans la province sont pollués par des effluents miniers.

L’État joue son rôle

Si les entreprises minières tentent de justifier l’impact de leurs activités sur l’environnement, l’administration environnementale, quant à elle, les rappelle à l’ordre.

Lucien Nkulu Kyandala, coordonnateur provincial de l’environnement du Haut-Katanga, indique que les entreprises minières sont considérées comme des établissements présentant des risques.

« La loi portant principes fondamentaux relative à la protection de l’environnement classe les entreprises minières parmi les établissements les plus dangereux, insalubres et incommodes », a-t-il rappelé. Ainsi, dit-il, « le rôle du ministère de l’Environnement, ce n’est pas de défendre qu’il n’y ait pas de pollution. Par contre, son rôle est de pousser les entreprises à atténuer le degré de pollution.»

Selon lui, la pollution zéro n’existe pas, mais les exploitants doivent prendre des mesures pour réduire leurs impacts. L’administration doit, de son côté, assurer le contrôle et faire respecter les normes.

« Le problème, ce n’est pas de polluer mais de respecter la loi », a-t-il insisté.

Une géologue évoluant au sein d’une entreprise minière de la place, estime que l’enjeu n’est donc pas de fermer les mines. Pour elle, il faut mettre en place des mécanismes efficaces pour accompagner leur exploitation.

Au terme des échanges, une idée s’est imposée : la RDC doit continuer à valoriser ses ressources minières, mais sans sacrifier son environnement.