Lubumbashi : dépister le cancer du sein, mais comment se faire soigner ?
Les campagnes de dépistage du cancer du sein sont organisées en RDC dans le cadre d’Octobre Rose. Cependant, pour les femmes dont les résultats sont positifs, le plus difficile commence. A Lubumbashi par exemple, le coût des examens complémentaires et l’accès aux services spécialisés compliquent la prise en charge.
A Lubumbashi, aucune campagne de depistage gratuit du cancer de sein n’est encore organisée en ce mois d’octobre. Cependant, certains hôpitaux ont réduit le coût des examens. A l’hôpital Copte par exemple , le prix est réduit de moitié soit de 120 à 60$. A l’hôpital Félix Tshisekedi sur la route Kasenga , les femmes peuvent payer un tiers du prix initial soit 35$ au lieu de 110. L’objectif est d’encourager les femmes à connaître leur état sérologique.
Se faire dépister est en effet une première étape. Mais que faire lorsqu’on apprend que l’on est atteint d’un cancer du sein ?
Selon le docteur Justin Kurijabundia, médecin engagé dans la lutte contre les cancers gynécologiques, l’acces aux soins est un réel défis. « Ici chez nous particulièrement, il n’y a pas un programme bien précis pour une bonne prise en charge », explique-t-il.
Ce médecin indique que lorsqu’une femme présente une masse , d’autres examens sont nécessaires. Ils permettent de confirmer ou non la présence d’un cancer du sein et de déterminer son évolution. Parmi eux figurent notamment l’analyse anatomopathologique et le bilan d’extension.
Lire aussi:Lubumbashi : 10,5% de femmes sont atteintes du cancer du sein
Une charge pour les patientes
Cependant, le coût des examens médicaux représente un obstacle pour de nombreuses familles. A Lubumbashi, les prix de ces examens varient selon les hôpitaux. Certains établissements fixent par exemple une échographie mammaire à 120$. Le coût de la mammographie varie entre 80 et 95 dollars. En plus, il y a le coût du prélèvement et de l’examen de biopsie.
Selon le docteur Justin Kurijabundia, les dépenses liées à ces examens sont supportées par les patientes elles-mêmes. « De la confirmation du diagnostic à la chimiothérapie, il y a d’autres examens à faire. Et pour ces examens, il faut de l’argent. Ceux qui ont de moyens vont souvent à l’étranger », souligne-t-il.
Par ailleurs, le médecin affirme que quelques avancés sont enregistrées à Lubumbashi. Certaines structures sanitaires disposent de services de cancérologie et peuvent réaliser une partie des examens nécessaires.
Entre plusieurs hôpitaux, un parcours difficile
La prise en charge du cancer du sein nécessite l’intervention de plusieurs spécialistes et des équipements adaptés. Il faut ainsi des oncologues, des radiologues, des pathologistes, des nutritionnistes, des chirurgiens et même des psychologues. Or, selon Dr Justin Kurijabundia ,tous ces services ne sont pas toujours disponibles dans un même hôpital à Lubumbashi.
” Le cancer ne se soigne pas par un seul spécialiste. La prise en charge est pluridisciplinaire. Ici, la patiente peut ainsi consulter un oncologue dans un hôpital. Elle doit ensuite se rendre dans une autre structure pour effectuer des examens complémentaires. Et puis elle doit chercher ailleurs les services nécessaires pour son traitement” déplore t-il.
Cette dispersion des services entraîne des déplacements supplémentaires et augmente les dépenses des patientes. ” Il est donc nécessaire d’avoir un centre spécialisé dans la prise en charge des cancers au niveau local ou national” dit- il encore.
Des médicaments disponibles, mais des difficultés persistent
Malgré ces obstacles, le médecin rapporte des avancées dans la prise en charge du cancer en RDC. Selon le Dr Justin Kurijabundia, le Centre national de lutte contre le cancer (CNLC) met des médicaments anticancéreux à la disposition de certains établissements de santé. « Ces médicaments sont disponibles à CMD, aux cliniques universitaires, à l’hôpital Sendwe et à l’hôpital Hakika», indique-t-il.
il s’agit de médicaments de chimiothérapie de base et de thérapie ciblée, qui doivent notamment servir à traiter le cancer du sein. Un lot de 10 tonnes a été réceptionné en juin dernier par le CNLC. Ces médicaments sont distribués gratuitement aux malades. Mais cette gratuité ne concerne pas les examens médicaux à effectuer avant la confirmation du cancer.

