Lubumbashi: les infirmiers denoncent le salaire insuffisant
Célébration ce 12 mai de la journée internationale des infirmiers. A Lubumbashi, les professionnels de santé ont rendu hommage à ce métier qu’ils qualifient de noble. Mais, ils déplorent les conditions Financières precaires. Cette année, la journée est placée sous le thème: « Nos infirmiers, notre avenir. Le pouvoir d’agir des infirmiers sauve des vies. »
A l’hôpital général Janson Sendwe, Patrick Kalala est très connu des malades. Depuis plus de vingt ans, il y travaille en tant qu’infirmier. Actuellement il est directeur du service d’infirmerie ou du Nursing,une tache qu’il accomplit avec passion. ” Vous devez être compétent et vous devez vous mettre à la place de votre malade pour bien faire votre boulot », souligne-t-il.
Cependant, derrière cet enthousiasme se cache un sentiment de précarité de la vie.« Le salaire est minime par rapport au travail que nous faisons », affirme-t-il. Il tourne autour de 100 dollars américains par mois, indique cet infirmier. Les mieux rémunérés percevraient environ 393 000 francs congolais soit 170 $. Par contre les hôpitaux privés les plus organisés, la rémunération dépasserait les 200 dollars, soutient-il.
Le cas de Patrick Kalala n’est pas unique. En effet, dans le secteur public en RDC, les infirmiers ne bénéficient pas tous des avantages sociaux. Près de la moitié d’entre eux touchent uniquement une prime de risque sans salaire, tandis que d’autres perçoivent un salaire sans prime de risque. Seule une minorité bénéficierait des deux avantages à la fois, déclare de son coté Bonane Ngalama, membre du conseil urbain de l’ordre des infirmiers. ” Je suis aussi concernée par cette situation. Depuis 2010, j’attend mon numéro matricule afin de bénéficier du salaire,” dit-elle.
Entre vocation et sacrifices quotidiens
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Sur le plan des conditions de travail, Patrick Kalala reconnaît toutefois quelques améliorations dans certaines structures médicales de Lubumbashi. À l’hopital Janson Sendwe par exemple, affirme-t-il, les équipements permettent aux soignants de travailler dans de meilleures conditions.
De son côté, Jacky infirmière à la polyclinique Bwana Lubete insiste sur le caractère humanitaire du métier. Pour elle, exercer comme infirmière demande avant tout un dévouement. « C’est un métier noble. Quand une personne souffre et qu’après votre intervention elle retrouve le sourire, c’est déjà une récompense », explique-t-elle.
L’infirmière reconnaît néanmoins que les revenus restent faibles comparés aux charges de la vie quotidienne. Elle regrette également le manque de considération envers le personnel soignant.
Pour rappel, 80 000 infirmières et infirmiers en RDC attendent toujours leur mécanisation qui est un processus administratif qui officialise leur statut d’agent de l’Etat. Et c’est ce processus qui leur donne au salaire. Or la mécanisation de ces milliers d’infirmiers traine, déplore Bonane Ngalama ,membre du conseil urbain de l’ordre des infirmiers à Lubumbashi.

