KCC et MUMI placées sous scellés: la LICOCO réclame des mesures drastiques
Les sociétés minières Kamoto Copper Company (KCC) et Mutanda Mining, deux filiales du géant suisse Glencore et implantées à Kolwezi au sud de la RDC, sont placées sous scellés par la Direction générale des grandes entreprises (DGE). L’administration réclame le paiement d’impôts estimés à environ 6,8 milliards de dollars. La direction de communication de KCC a confirmé la mesure sans commenter le fond des accusations. Vendredi, la plupart des services administratifs de ces entreprises étaient fermés. Seules les usines de production de cuivre et de cobalt continuaient de fonctionner, selon un employé.
Ernest Mpararo, secrétaire général de la Ligue congolaise contre la corruption (LICOCO), salue l’action des régies financières. De plus, il demande d’aller plus loin : « Ce n’est pas la première fois que Glencore et ses filiales sont accusés d’insolvabilité. En effet, en 2022, KCC, Mutanda et MUMI étaient en contentieux avec la DGRAD, la DGI et la DGDA. Ces régies financières réclamaient plus d’un milliard de dollars.”
A cette époque, Glencore et ses filiales avaient contesté . Ils avaient même saisi la présidence de la République. Une commission avait été mise en place afin de statuer sur le dossier. Cependant, les conclusions n’étaient pas convaincantes, indique la LICOCO. ” La commission avait travaillé dans l’opacité. En outre, elle avait contraint les régies à réduire la somme à un peu plus de 700 millions USD ” soutient Ernest de la LICOCO. Il affirme par ailleurs que Glencore n’a payé que 200 à 250 millions USD. “Aujourd’hui, il répète les mêmes faits. Ce groupe n’aime pas payer ses impôts et c’est déplorable“, dit-il encore.
Grand producteur mondial du cuivre et du cobalt
Glencore est l’un des plus grands groupes mondiaux dans les matières premières. En effet, il est présent dans l’extraction, le négoce et la commercialisation de minerais, hydrocarbures et produits agricoles. En RDC, le groupe est un acteur majeur du cuivre et du cobalt. Selon le ministère des Mines, Glencore a produit en 2025 environ 240 800 tonnes de cuivre et 33 500 tonnes de cobalt. Ce qui positionne ses filiales parmi les principaux fournisseurs mondiaux de ces minerais stratégiques.
A lire aussi, KCC :entre 90 et 200 millions USD de manque à gagner de 2019 à 2020 sur le paiement de la redevance minière (enquête).
Ainsi, la mise sous scellés de KCC et de MUMI relance des questions majeures. C’est notamment sur la transparence des accords fiscaux, la responsabilité sociale et fiscale des multinationales. Elle soulève également la problématique de la capacité de l’État congolais à recouvrer des recettes essentielles.
Des mesures fortes
Du côté de la société civile, la LICOCO réclame des mesures coercitives. Elle exige entre autres le gel des comptes de Glencore pour garantir que les recettes minières profitent réellement au pays. ” Le géant suisse Glencore n’aime pas payer les impôts, partout où il opère. Que ce soit au Congo, au Nigeria, en Côte d’Ivoire, ou au Mozambique », déclare Ernest Mpararo.
D’autres acteurs de la société civile craignent par contre un effet négatif de la décision de la DGE. “Si on gèle les comptes de Glencore, le groupe sera obligé de stopper la production », écrit l’un d’eux.
De leur côté, ni Glencore ni l’entreprise KCC n’ont réagi à ces accusations. Toutes les tentatives pour avoir Marie Chantal Kaninda, présidente de Glencore RDC, se sont avérées vaines.

