Lubumbashi: évasion de 12 détenus, le système de transport des prisonniers mis en cause

Lubumbashi: évasion de 12 détenus, le système de transport des prisonniers mis en cause

L’évasion de douze détenus, mercredi 22 juillet, lors de leur transfèrement entre l’Auditorat militaire et la prison centrale de Kasapa, continue de susciter de nombreuses réactions à Lubumbashi. Au-delà de la traque lancée par les services de sécurité, plusieurs acteurs de la société civile s’interrogent sur les conditions dans lesquelles ces prisonniers étaient transportés.

Dans la ville de Lubumbashi, les détenus sont souvent transportés dans un bus de transport loué à cet effet. Dans le bus, par exemple, les détenus sont souvent menottés et des militaires avec armes sont positionnés aux fenêtres et aux portes. De plus, ce bus est souvent escorté par un ou plusieurs véhicules. Pour certains membres de la société civile, cette manière de faire est risquée.

Pour Jean-Paul Tshishimbi, responsable de l’ONG Centre international pour la promotion du développement et des droits de l’homme (CEIPEDHO), cette évasion révèle avant tout un dysfonctionnement du système. “Ces détenus ne se sont pas évadés de la prison de Kasapa.” Ils se sont échappés pendant leur transfèrement. « Cela montre qu’il existe de sérieuses failles dans le dispositif de sécurité », explique-t-il.

Selon lui, cette situation expose désormais la population à un risque supplémentaire. Les victimes, les témoins et les habitants peuvent craindre d’éventuelles représailles. Il estime aussi que les autorités judiciaires, pénitentiaires et les services de sécurité doivent mieux coordonner leurs actions afin d’éviter qu’un tel incident ne se reproduise.

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Transport des détenus

De son côté, Joseph Kongolo, coordonnateur de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), pointe du doigt le moyen de transport. Pour lui, c’est là le principal problème. “Le véhicule utilisé n’est pas adapté.” Les prisonniers sont transportés de manière archaïque. Dans ces conditions, une évasion est facile », dénonce-t-il.

Face à cette situation, il plaide pour une autre approche. “Si le transport des détenus pose problème, il faut organiser des audiences foraines.” Ainsi, le tribunal peut se déplacer jusqu’au lieu de détention. Cela limiterait les risques liés aux transferts, propose-t-il.

Jean-Paul Tshishimbi appelle, lui aussi, les autorités à renforcer les moyens accordés aux services pénitentiaires. Il demande notamment l’acquisition de véhicules spécialement aménagés pour le transport des détenus. Il rappelle également que les personnes privées de liberté conservent des droits fondamentaux, notamment l’accès à la nourriture, à l’eau et aux soins de santé. Joseph Kongolo rappelle également que la manière dont les prisonniers sont transférés favorise les violations des droits humains.

Les circonstances exactes de cette évasion restent toutefois à éclaircir. Une enquête devra déterminer les responsabilités. Elle devra également établir si cette fuite est la conséquence de simples défaillances sécuritaires ou d’une opération soigneusement préparée. En attendant, les recherches se poursuivent pour retrouver les douze évadés et les remettre à la disposition de la justice.