SNCC : Fabien Mutomb répond aux plaintes de 4 151 retraités
Le Directeur général de la Société Nationale des Chemins de fer du Congo (SNCC SA) Fabien Mutomb est sortie de son silence. Ce jeudi 23 juillet 2026, il a apporté des éclaircissements aux préoccupations de 4 151 anciens agents mis à la retraite entre 2014 et 2024. Ces personnes en majorité de troisième âge attendent encore leurs décomptes finaux.
Pour le Directeur général, Fabien Mutomb, la situation est réelle. Toutefois, elle ne résulte pas d’un refus de payer les retraités. Selon lui, l’entreprise est confrontée à une crise financière profonde héritée des anciennes gestions.
« On ne peut pas distribuer ce que l’on n’a pas », affirme-t-il.
D’après la Direction générale, le principal obstacle est l’effondrement progressif de la production ferroviaire. Cette baisse des activités a réduit les recettes de la société. Dans ces conditions, les ressources disponibles ne suffisent plus à couvrir toutes les charges de fonctionnement, encore moins une dette sociale accumulée depuis plusieurs décennies.
La direction rappelle également que cette dette ne concerne pas uniquement les retraités de ces dernières années. Elle est le résultat d’un passif qui s’est constitué au fil du temps.
Par ailleurs, la SNCC indique avoir entrepris plusieurs démarches auprès des autorités afin d’obtenir le décantonnement de près de six millions de dollars américains bloqués dans des banques commerciales. Selon elle, ces fonds permettraient de payer immédiatement plusieurs vagues de retraités.
En attendant, l’entreprise explique que ses recettes courantes servent essentiellement à assurer la continuité des activités ferroviaires. Sans une relance de la production, il sera difficile d’apurer cette dette sociale.
La direction met en avant les efforts déjà consentis
La Direction générale rejette l’idée selon laquelle rien n’aurait été fait en faveur des retraités. Elle cite plusieurs actions déjà réalisées.
Ainsi, en 2021, une enveloppe de 4,5 millions de dollars américains avait été mobilisée pour payer intégralement les décomptes finaux de 255 premiers pensionnés de la SNCCSNCC.
De même, l’entreprise souligne avoir signé des accords spécifiques avec la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). L’objectif était de régulariser les arriérés de cotisations et de faciliter la prise en charge directe des pensions de retraite.
En outre, la Direction générale affirme que les récents contrats de sous-traitance, notamment ceux liés au corridor de Lobito, poursuivent un objectif précis. Il s’agit de mobiliser de nouveaux capitaux pour moderniser l’outil de production, relancer les activités ferroviaires et dégager progressivement des ressources destinées au paiement de la dette sociale.Selon Fabien Mutomb, ces réformes sont indispensables pour redresser durablement l’entreprise.
Toutefois, il estime que les efforts de la seule SNCC ne suffiront pas. À ses yeux, la société ne peut pas porter seule le poids d’une dette sociale aussi importante alors que sa situation financière demeure fragile.
La SNCC plaide pour un Fonds social de l’État
A lire aussi, SNCC: au total, 4151 retraités privés de leurs indemnités
La Direction générale rappelle qu’environ 3 695 agents sur un effectif de 5 781 sont aujourd’hui éligibles à la retraite. Une telle situation représente une pression considérable sur les finances de l’entreprise. Pour cette raison, Fabien Mutomb estime qu’un plan de sauvetage national devient indispensable.
Selon lui, la solution durable ne viendra pas uniquement de la trésorerie de la SNCC. Elle passe par la mise en œuvre rapide du Fonds social proposé au niveau du gouvernement.
La Direction générale considère ce mécanisme comme le seul capable de solder définitivement la dette liée aux retraites. Ce fonds permettrait également de renouveler progressivement les effectifs, tout en assurant l’avenir de l’entreprise ferroviaire.
À travers cette mise au point, la Direction générale reconnaît les difficultés rencontrées par les retraités. Elle affirme cependant que la crise actuelle est avant tout la conséquence d’une asphyxie financière héritée de plusieurs années. Elle soutient enfin que le règlement définitif de ce dossier dépendra autant de la relance de la SNCC que de l’accompagnement de l’État congolais.

