Lubumbashi : les Lushois réclament une ville propre toute l’année
À l’approche de l’arrivée du président de la République à Lubumbashi, prévue le 31 juillet 2026, les préparatifs s’intensifient. Les services d’assainissement de la mairie sont fortement mobilisés pour rendre la ville propre. Les routes et les avenues sont repeintes et balayées. Des nids-de-poule sont bouchés sur plusieurs axes asphaltés. Cependant, une question se pose, faut-il attendre uniquement l’arrivée du chef de l’État pour rendre la ville propre ? La population ne mérite-t-elle pas de vivre chaque jour dans un environnement sain ?
Pour Jean Mulenda, un citoyen lushois, le fait que le gouvernement provincial réhabilite les routes et les avenues uniquement parce que le président de la République arrive à Lubumbashi n’est pas juste. « On essaie de jouer avec la psychologie du président de la République. Les autorités provinciales cherchent à lui faire croire qu’elles travaillent et que tout va bien. Pourtant, c’est faux. Nous condamnons cette situation », dénonce-t-il.
De son côté, Louis Tshikonde un autre Lushois, dit ne pas être surpris par ce qui se passe à Lubumbashi à l’occasion des préparatifs de l’arrivée du chef de l’État. Selon lui, à chaque visite présidentielle, le même scénario se répète. Les ordures disparaissent du centre-ville comme par miracle. En quelques jours, la province réalise ce qui n’a pas été fait pendant des mois. Pour lui, cette situation prouve que les moyens existent pour accomplir de grandes choses. Il ne manque que la volonté politique.
« Les autorités gouvernent-elles pour le président ou pour les citoyens ? La population, qui emprunte chaque jour ces routes, doit-elle attendre une visite présidentielle pour avoir le droit de circuler sur des routes propres ? », s’interroge-t-il.
Une gouvernance jugée “de façade”
Par ailleurs, Louis Tshikonde estime que la salubrité, l’entretien des routes et la qualité des services publics ne sont pas des cadeaux faits à la population. Ce sont, selon lui, des obligations des autorités.”Quand une gouvernance se réveille à l’approche d’une visite officielle, elle envoie un message inquiétant. Cela signifie que la priorité n’est pas le bien-être de la population, mais l’image que l’on veut présenter au président. Après son départ, nous retomberons dans la routine habituelle “, affirme-t-il.
Avant de conclure , “nous refusons cette politique de façade. Nous ne voulons pas d’une ville propre pendant 48 heures. Nous voulons une ville propre toute l’année. »
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Sous couvert d’anonymat, un autre Lushois estime également qu’il est regrettable de constater que les autorités provinciales pratiquent une gouvernance de maquillage. Selon lui, cette manière de faire affaiblit leur légitimité. Elle remet même en cause leur vision politique du développement de la province. « Si l’on pouvait repeindre les routes et colmater les nids-de-poule dans tous les quartiers, ne serait-ce qu’une fois par mois, je pense que nous aurions une ville plus propre et beaucoup plus développée », estime-t-il.
le président doit rester à Lubumbashi
À ses yeux, les autorités cherchent simplement à donner au chef de l’État une image qui ne reflète pas le quotidien des habitants. « C’est très regrettable. Cela pose la question de la perception qu’ont les dirigeants de leur devoir de rendre des comptes à la population. Si le plan de propreté et de modernisation ne se met en place qu’à la veille de l’arrivée du président de la République, alors nous pensons qu’il y a un sérieux problème », ajoute-t-il.

