Un jeu de ping-pong sur la Pollution autour de Somika persiste

Un jeu de ping-pong sur la Pollution autour de Somika persiste

Le débat sur une éventuelle pollution liée aux activités de la Société minière du Katanga (SOMIKA) connaît un nouveau rebondissement. Une descente effectuée samedi 22 août, par le Cadre de concertation de la société civile, des représentants de SOMIKA, des journalistes, des autorités locales, a conduit à une série de prélèvements d’eau dans plusieurs cours d’eau proches des installations minières. Après analyse des échantillons, la commission écarte toute pollution par Somika.

Le samedi 22 août dernier, une commission composée des membres du cadre de concertation de la société civile du Haut-Katanga, des journalistes, du chef du village Kibunduka, a effectué une descente sur différents sites de la société incriminée. Cette descente effectuée sur invitation de Somika a conduit à une conclusion selon laquelle aucune pollution n’a été prouvée autour des sites de cette entreprise.

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D’après cette commission, les échantillons ont été prélevés à Inakiluba, Kipopo, Kasonta, Kibunduka, ainsi qu’à Lupoto. Par la suite, les analyses ont été réalisées au laboratoire 50K de SOMIKA grâce à ses experts. De ce fait, plusieurs paramètres physicochimiques sont examinés. À savoir le pH, les solides dissous, le calcium, le magnésium, le fer, le zinc, le chrome, le nickel, le cuivre, le plomb, le cobalt, le cadmium, le manganèse, l’aluminium ainsi que la turbidité.

Des résultats après prélèvement

Selon le laboratoire de Somika, les résultats ne dépassent pas les seuils retenus par la réglementation minière congolaise. Le pH relevé était notamment de 8,2 à Inakiluba, 7,96 à Kipopo, 7,93 à Kasonta et 8,17 à Kibunduka, contre 7,06 pour l’eau potable utilisée comme référence. « Avec les valeurs de pH déjà au-delà de 7, ça prouve à suffisance qu’il n’y a pas présence de l’acide », explique Yannick Kaniki, laborantin de Somika. Celui-ci note que ces résultats établissent donc l’absence de pollution liée aux installations de leur société.

Lors de cette descente, le Cadre de concertation de la société civile du Haut-Katanga ne conteste pas, à ce stade, les résultats présentés. « Ensemble, nous avons été sur le terrain. Ensemble nous avons prélevé l’eau. « Nous avons été au laboratoire », indique Ghislain Kalwa Chulu, porte-parole dudit cadre. Il précise toutefois que « par rapport à aujourd’hui, le résultat, tel que donné, répond aux normes en la matière. »

L’IRDH réclame une expertise indépendante.

De son côté, l’Institut de recherche en droits humains (IRDH), par la voix de Me Hubert Tshiswaka, reste toutefois sceptique. Pour l’organisation, le principal problème réside dans l’indépendance des analyses. « Les analyses qui ont été faites par Somika, ce sont des analyses produites par les employés de SOMIKA », estime Me Tshiswaka. En outre, il demande le recours à un laboratoire indépendant choisi de commun accord entre l’entreprise et les parties qui l’accusent.

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Pour lever toute confusion dans ce dossier, l’IRDH réclame également la publication des audits environnementaux réalisés par Somika périodiquement. Il réclame aussi la publication des études d’impact environnemental et social, les plans de gestion, d’atténuation et de réhabilitation. À travers ces documents, cette structure souhaite comparer l’état initial des cours d’eau avec leur situation actuelle.

Depuis son alerte sur la pollution présumée autour des installations de Somika lancée en mai 2026, l’IRDH se dit esquivé par cette société. « C’est l’IRDH qui avait alerté sur la pollution causée par Somika », renchérit Me Hubert Tshiswaka. Et de s’interroger : « Pourquoi Somika ne veut pas nous affronter afin de confronter les analyses des échantillons dans des laboratoires indépendants ? » L’IRDH estime que la démarche de Somika est à refaire. « Aussi longtemps que Somika ne sera pas autour d’une même table avec les vraies victimes, ce dossier ira jusqu’aux instances supérieures », dit-il.

La toxicologie de l’université avait parlé.

Cette controverse intervient alors qu’une étude scientifique menée en 2025 par l’unité de toxicologie de l’université de Lubumbashi, dans le cadre du consortium Mazingira pour tous, avait fait état de concentrations préoccupantes de plusieurs métaux dans différents cours d’eau du Grand Katanga. Ces résultats ne constituent pas, à eux seuls, une preuve spécifique de pollution des eaux actuellement examinées autour de SOMIKA. Ils rappellent cependant l’importance d’une expertise indépendante, comparative et régulière.

Entre les analyses du laboratoire de SOMIKA, l’adhésion du Cadre de concertation et les réserves de l’IRDH, le débat reste donc ouvert. Une contre-expertise indépendante pourrait permettre de départager les différentes positions et d’établir, sur une base scientifique, l’état réel des eaux concernées.