DOT de 0,3 % : la voix des femmes reste faible

DOT de 0,3 % : la voix des femmes reste faible

La participation des femmes dans la gouvernance de la Dotation de 0,3 % du chiffre d’affaires des entreprises minières reste limitée. Une enquête menée autour des activités de Ruashi Mining CDM, STL et MMG Kinsevere met en évidence une faible représentation des femmes dans les organes de gestion et dans les mécanismes de prise de décision.

L’étude s’est intéressée à plusieurs aspects. Elle examine notamment la représentation des femmes, leur participation aux décisions, la prise en compte du genre dans les projets communautaires et les effets de ces projets sur les conditions de vie des bénéficiaires.

Dans les 4 structures étudiées, les femmes représentent 3 membres sur 12 dans les organes de gestion de la DOT CDM et Ruashi Mining. Quatre femmes sont identifiées dans la Dot de STL. Tandis que la Dot de l’entreprise MMG Kinsevere n’enregistre aucune femme.

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Selon le constat de cette enquête, les femmes présentes dans les organes de gestion sont nommées au secrétariat ou encore à la trésorerie. Malgré cette présence, l’étude relève que la dimension genre reste insuffisamment intégrée dans le fonctionnement de ces structures.

Une présence faible des femmes

La participation des femmes aux décisions demeure également faible. Pourtant, le rapport indique que les femmes membres des organes de gestion disposent d’un niveau d’instruction jugé satisfaisant.

Pour les auteurs de l’étude, la représentation numérique ne suffit donc pas. Les femmes doivent également pouvoir contribuer à l’identification des besoins, à la définition des priorités et au suivi des projets financés par la DOT.

Des différences dans les projets

Sur cinq projets recensés, deux concernent directement les femmes. Il s’agit notamment de l’accompagnement dans l’élevage de volailles et la culture vivrière, ainsi que de la construction d’un bâtiment destiné à la formation des femmes en coupe et couture.

Le rapport fait état d’effets positifs, particulièrement pour le projet consacré à l’élevage et à la culture vivrière. Ces initiatives offrent aux bénéficiaires des possibilités d’activités génératrices de revenus.

La situation est différente à CDM. Aucun projet recensé n’est spécifiquement destiné aux femmes. Un centre de rattrapage mixte est toutefois en construction à Kamatete.

De son côté, Jean Claude Katende président de l’association Africaine de défense des droits humains( Asadho) s’inquiète de cette faible présence de femmes. « Les femmes sont les plus impactées négativement par les activités minières» dit-il. Et de s’interroger « pourquoi elles sont moins représentées dans la Dot?»

L’étude recommande une implication plus importante des femmes dans la gouvernance des DOT. Elle souligne également la nécessité de mieux intégrer leurs besoins dans la conception et le financement des projets communautaires.

Au-delà de leur présence dans les organes de gestion, l’enjeu est donc de leur permettre de participer effectivement aux décisions, à la planification, au suivi et au contrôle des projets financés par la dotation.

Pour l’asadho, une meilleure intégration du genre pourrait contribuer à rendre les interventions de la DOT plus adaptées aux réalités et aux besoins des communautés.

Il faut noter que ce rapport d’enquête a été présenté le mardi 22 septembre dernier, aux présidents de conseils communaux venus de 3 Communes de Lubumbashi. Il s’agit de communes Annexe, Kampemba et Katuba.