RDC : Des activités minières signalées dans le parc Upemba

RDC : Des activités minières signalées dans le parc Upemba

Vingt-quatre organisations de la société civile et associations environnementales alertent sur la présence d’activités minières dans le parc national de l’Upemba. Dans une correspondance adressée au président de la République, elles demandent notamment une vérification interinstitutionnelle des sites exploités. Elles sollicitent en outre le renforcement de la protection de cet air protégé qui regorgent plusieurs espèces endémiques

 

Ces organisations indiquent que des activités de prospection et d’exploitation sont particulièrement signalées dans le secteur de Bena-Mulumbu, situé dans la zone intégrale du parc. De plus, elles notent la présence d’engins lourds, des infrastructures minières et de travailleurs locaux et chinois.

Un peu plus loin à  Kipafu, dans le domaine de chasse de Lubudi-Sampwe et autour de Kyubo, des creuseurs artisanaux y mènent également leurs activités. Dans ces sites, on y extrait de l’or et de coltan indiquent certaines sources contactées.

Il y a des engins lourds pour préparer le terrain  d’exploitation. Et comme c’est le parc, nous craignons la déforestation”, déclare Bantu Bokambu, directeur de l’ong Innovation pour le développement et la protection de l’environnement, IDPE. Ces organisations dénoncent également l’utilisation des produits chimiques par les creuseurs qui pourraient affecter les écosystèmes. ” Si on continue à exploiter les minerais, nous allons perdre tout ca. Et nous, nous disons Non”, insiste Bantu Bokambu.

Un parc  riche  en biodiversité

Créé en 1939, le parc national de l’Upemba couvre environ 12 752 km² et se trouve à l’intersection du Haut-Katanga, du Haut-Lomami et du Lualaba. Il comprend notamment une zone intégrale de près de 9 984 km² ainsi que les domaines de chasse de Lubudi-Sampwe et Bena-Mulumbu.

Ce parc abrite une biodiversité particulièrement riche. Il est notamment un refuge pour les zèbres sauvages, les éléphants de savane , les buffles du Katanga et plusieurs espèces d’oiseaux.

Sa richesse aquatique est également documentée. Une étude publiée en 2023 a recensé 247 espèces de poissons indigènes, dont 45 endémiques au parc. Les chercheurs le classent parmi les principaux sites de biodiversité aquatique du bassin du Congo.

Des activités incompatibles

Les activités minières sont incompatibles avec celles de la conservation de la nature . En effet, la loi congolaise n°14/003 du 11 février 2014 interdit toute activité  d’extraction minière dans les aires protégées. Par ailleurs,  cette loi exige au préalable une étude d’impact environnemental et social  au cas où l’extraction doit avoir lieu dans une zone tampon du parc.

Ainsi, les organisations demandent une mission associant spécifiquement les ministères de l’Environnement et des Mines, l’ICCN et le Cadastre minier afin de géolocaliser les sites. La mission devra aussi vérifier les titres et autorisations et évaluer les impacts environnementaux et sécuritaires. ” Nous suivons la situation depuis six mois. L’État doit passer à la vérification de nos allégations“, en encore soutenu le directeur de l’ong  IDPE. Enfin, les ONG sollicitent la suspension conservatoire des activités extractives dans la zone intégrale du parc.

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Un plan de gestion

Les responsables du parc national de l’Upemba quant à eux, sont conscients  de la menace de l’exploitation minière sur les activités de conservation. Pour eux, cela fait partie d’une longue liste des menaces que subit cet air protégé.

Cependant, ils apportent une précision  sur la localisation des activités d’extracion des minerais. ” Elles sont principalement menées dans le domaine de chasse . D’autres sont dans les zones annexes au parc, soutient Antonio Longangi , chargé de communication. Il ajoute qu’un plan d’aménagement et de gestion du parc et des paysages Upemba est  mis en œuvre. Il permet de faire face aux multiples menaces.