Lubumbashi: malgré la traque, les enfants encore présents sur la rue

Lubumbashi: malgré la traque, les enfants encore présents sur la rue

Après plusieurs alertes de la société civile au sujet de la présence remarquable des enfants en rupture familiale au centre-ville de Lubumbashi, les autorités provinciales se sont enfin levées. Depuis mercredi 03 décembre, la mairie a débuté l’opération retrait de tous les enfants sur les avenues et différents coins de la ville.  Mardi 09 du même mois, l’opération s’est poursuivie. Les enfants ont été traqués ensuite présentés à l’assemblée provinciale. Mais le lendemain, les mêmes enfants ont été revus aux endroits habituels.   

Ce vendredi matin, les enfants en rupture familiale sont de nouveau présents et en grand nombre au niveau du tunnel, à l’entrée du centre-ville. On les voit  aussi à côté du zoo sur l’avenue Kamanyola, et même devant la banque centrale sur l’avenue Ndjamena. Du côté rond point square sur Kasavubu ils sont aussi là. Petit à petit, ces enfants reprennent leurs pratiques. Ils sèment la terreur sur les grands artères. Ils arrachent les perruques des femmes, les téléphones, l’argent, les enjoliver des véhicules et autres biens. Ce qui inquiète les passants qui se sont à peine réjouis lorsqu’ils ont appris que ces enfants étaient retirés du centre-ville.

Claude Kabemba, un habitant de Lubumbashi, s’étonne de revoir ces enfants au niveau du tunnel. « Eh eh, ces enfants sont encore ici? Mais on a montré à la télé comment la mairie a traqué ces petits. Pourquoi sont-ils encore là? Le gouvernement doit développer une bonne politique et mettre les moyens pour leur encadrement . D’autres lushois s’interrogent sur comment mettre fin au phénomène  »enfant dans la rue. »

A lire, https://magazinelaguardia.info/2020/01/20/lubumbashi-plus-de-8000-enfants-dans-les-rues-du-haut-katanga-alerte-la-societe-civile/

S’attaquer aux véritables causes

Adalbert Mukala, chercheur sur les questions liées aux enfants en rupture familiale pense que, pour éradiquer ce fléau, il faut s’attaquer aux véritables causes. D’après lui, le nombre de ces enfants n’est pas statique. Il augmente au fil des années. ‘‘Le gouvernement les a plusieurs fois traqués et retirés des rues de la ville. Cependant, peu de temps après, on voit des nouveaux visages », dit-il. Pour mettre fin à ce phénomène ,Adalbert pense qu’il faut commencer par éduquer les parents et les familles sur leur responsabilité en cas de divorces ou de décès. Il faudra également s’attaquer aux églises, explique-t-il. « Il suffit que le prophète face une prophétie  sur des cas de sorcellerie , vous verrez qu’on chasse l’enfant de la maison ». Certains enfants quittent volontairement leurs familles à cause de la maltraitance, indique-t-il encore.

Toutefois, la ministre provinciale du genre Valérienne Mumba Kiboko a présenté à l’assemblée provinciale le 11 décembre 2025, la politique du gouvernement provincial sur l’encadrement de cette catégorie des enfants.

« Le gouvernement à travers la mairie et le ministère de l’intérieur s’est engagé pour identifier les foyers pour l’hébergement des enfants. C’est notamment le centre Lukuni où le gouvernement a mis les nécessaires pour l’encadrement de ces enfants. En ce qui concerne la sécurité, les dispositions sont prises. »

Malgré ces mesures, les enfants finissent toujours par fuir  les centres et rentrer dans la rue, a-t-elle souligné. De son coté, l’assemblée provinciale a proposé la mise en place d’une commission mixte afin de proposer des mesures durables et coordonnées pour contourner ce phénomène.