Lubumbashi : Mututa arrêté puis transféré à Kinshasa

Lubumbashi : Mututa arrêté puis transféré à Kinshasa

Lubumbashi, 15 avril 2026  l’inquiétude grandit autour du sort de Raphaël Mututa. Interpellé lundi 13 avril 2026 sur l’avenue Lubilanshi coin Kimbangu,  l’ancien président de la fondation katangaise et actuel président des notables du Grand Katanga a été transféré à Kinshasa. Une information confirmée par les sources de la société civile.

D’après les informations recueillies auprès du Cadre de concertation de la société civile du Haut-Katanga, Raphaël Mututa aurait été interpellé  par des éléments assimilés à une unité spéciale opérant dans la zone de Kimbembe. Et c’est au cachot du camp  militaire de Kimbembe situé sur la route Likasi qu’il aurait d’abord été détenu.

Toujours selon ces mêmes sources, il aurait été conduit dans la capitale Kinshasa. « Selon les informations en notre possession, si pas hier soir, aujourd’hui, on l’a acheminé  à Kinshasa », indiquent ces sources.

Cependant, les motifs de cette arrestation restent incertains. Deux versions circulent. D’une part, il lui serait  reproché une tentative de mediation pour réconcilier  les jeunes autour de divergences liées notamment au débat sur le changement de la  constitution. D’autre part, aucune raison officielle n’a été communiquée jusqu’à présent.

Face à cette situation, la société civile hausse le ton. Elle dénonce une arrestation jugée irrégulière et réclame le respect strict des procédures légales. « Nous avons demandé à ce que la loi puisse être observée. Toute arrestation doit être conforme à la loi, sinon c’est une arrestation arbitraire », a déclaré Guislain Kalwa Tshulu, porte-parole du Cadre de concertation de la société civile.

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Une arrestation dénoncée et des zones d’ombre persistantes

Dans son intervention, il insiste également sur les droits fondamentaux du détenu. Selon lui, Raphaël Mututa doit pouvoir entrer en contact avec sa famille et bénéficier de l’assistance d’un avocat. Il rappelle en outre le principe de la présomption d’innocence. « Il doit communiquer avec sa famille, il a droit à un avocat. Et même quand on doit l’arrêter, il faut observer tous ces principes-là », a-t-il ajouté.

Par ailleurs, des informations font état de mauvais traitements au moment de l’interpellation. Une situation que déplore la société civile. « Tel que ça s’est passé, il a été brutalisé, selon les informations en notre possession. Ce qui est contraire aux normes en matière d’arrestation et aux droits de l’homme », a poursuivi le porte-parole.

Quant aux responsabilités, elles demeurent floues. Aucun service officiel n’a, pour l’heure, revendiqué l’arrestation. Les sources évoquent simplement une unité spéciale basée à Kimbe-Imbe, sans plus de précision sur la chaîne de commandement.

D’autres interpellations similaires

Pendant ce temps, l’ONG de défense des droits humains, Justicia ASBL dénonce d’autres arrestations dans les mêmes conditions. Dans son communiqué, l’ONG parle de Yannick Kyungu, fils de feu Kyungu was Kumwanza, interpellé en même temps que Raphaël Mututa. De plus, Justicia ASBL evoque l’agression Kishimba Angola au village  Kashobwe. Selon l’ONG, ce membre du parti de Moïse Katumbi a été tabassé par des militaires à la suite de la position prise par son parti contre le changement de la constitution

Toutes ces interpellations  alimentent  des inquiétudes et relance le débat sur le respect des libertés et des droits fondamentaux en République démocratique du Congo.