Haut-Katanga : seules deux ZEA viables
Selon le cadastre minier, la province du Haut-Katanga dispose de 58 zones artisanales minières (ZEA). Sur le papier, ces zones existent. Sur le terrain, les creuseurs artisanaux ne savent où exercer. Car la province ne dispose que de très peu de ZEA viables.
En effet, lors d’une table ronde organisée par the International Republican Institute (IRI) à Lubumbashi, le directeur provincial de CAMI Paulin Mawaya a expliqué que la province du Haut-Katanga ne dispose en réalité que de deux zones minières artisanales viables sur les 58 instituées.
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Les deux ZEA sont situées l’une à Likasi et l’autre à Luisha. « Et d’ailleurs, celui de Luisha est occupé par des militaires« , explique une source proche du CAMI. Quant aux 56 autres ZEA, elles ne sont pas viables. « Certaines des zones artisanales minières instituées se trouvent dans les périmètres des industriels« , a expliqué le directeur provincial de CAMI.
Ces propos sont corroborés par le rapport de 2023 de l’initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE-RDC) sur l’artisanat minier. Ce rapport affirme clairement que très peu de ZEA sont réellement viables économiquement. Il indique même qu’en 2023, le Haut-Katanga ne disposait que d’une seule Zone viable. Il s’agit de la ZEA 669 située à Likasi. « Le principal défi n’est plus tant l’absence de ZEA que l’absence de celles qui sont attractives pour les exploitants artisanaux et petits industriels« , explique le même rapport.
Un problème de gouvernance
Le manque de Zea pose un problème sérieux. Pour leur survie, les artisanaux miniers envahissent le périmètre des industriels . Pour Jean-Pierre Lwamba, membre de AFREWATCH, c’est un problème de gouvernance. « Comment peut-on faire la promotion de l’artisanat minier sans ces zones ? », s’est-il interrogé. Pour lui, le gouvernement doit mettre les moyens pour les rendre viables. « Il ne suffit pas d’instituer des Zones d’Exploitation Artisanales , il faut en plus les rendre exploitables », dit-il. encore. « Il faut faire la découverte et évaluer la teneur », insiste-t-il. Car sans cela, l’artisanat continuera à entacher la chaîne d’approvisionnement des minerais de la RDC.

