CENI: des mesures s’imposent pour les élections 2028

CENI: des mesures s’imposent pour les élections 2028

La RDC organise généralement les élections présidentielle et législatives en décembre, une période de fortes pluies. Pour Denis Kadima, le climat justifie le dépassement du délai légal lors des élections de 2023. Pour certains observateurs, la CENI doit prendre des mesures pour pallier les insuffisances du cycle dernier. 

Lors de la projection lundi 25 mai 2026 au centre Bosolo du film institutionnel intitulé « Vérité des urnes à visage découvert », le président de la CENI est revenu sur les controverses ayant entouré les élections de décembre 2023. Denis Kadima a donné trois raisons qui, selon lui, ont empêché le bon déroulement du scrutin. C’est notamment des contraintes liées au climat, les difficultés logistiques et d’ordre sécuritaire. Selon lui, c’est ce qui explique pourquoi les opérations électorales se sont poursuivies au-delà des 24 heures prévues par la loi électorale.

À Lubumbashi, la société civile qui fait cependant une lecture différente de cette situation. Elle propose des pistes pour éviter les mêmes difficultés lors des prochains scrutins.
Pour Jean-Paul Tshishimbi, acteur de la société civile, les réalités du terrain doivent pousser les autorités à adapter le cadre légal électoral. Selon lui, la RDC organise ses élections générales pendant la période marquée par de fortes précipitations. Certaines zones deviennent inaccessibles pendant cette période. Cette situation perturbe l’acheminement des matériels. Ce qui peut priver une partie de la population de son droit de vote.
« Il faut revisiter la loi électorale et même certaines dispositions liées à la Constitution pour tenir compte des réalités du terrain », affirme-t-il. Il affirme par ailleurs que les votes doivent s’étendre pendant 72 heures pour permettre à tous de voter. S’agissant de la date, il pense qu’elle peut changer. « Il n’y a pas de loi qui dit que les élections doivent se dérouler seulement un certain 18 décembre, non. Donc on peut changer.

À lire aussi,  Ceni-élections 2028 : la feuille de route manque de financement

Améliorer l’organisation

Pour Scolastique Mutoke, experte sur les questions électorales, l’argument climatique avancé par la CENI ne tient pas debout. Selon elle, la pluie ne peut pas justifier les irrégularités observées en 2023.
« Le climat n’est pas une raison valable. La RDC connaît des réalités climatiques différentes selon les provinces. « La CENI doit simplement améliorer son organisation logistique », soutient-elle.

Elle rappelle que les élections sont traditionnellement organisées en décembre afin de permettre l’installation des élus dès le mois de janvier. Pour cette actrice de la société civile, modifier le calendrier électoral risquerait de créer davantage de complications.

En revanche, Scolastique Mutoke recommande à la CENI de renforcer l’anticipation logistique. Selon elle, l’institution doit recourir à d’autres moyens de transport pour acheminer les matériels en temps réel. Si les voies routières sont inaccessibles à cause de la pluie, les autres moyens de transport existent pour accéder dans les zones enclavées, dit-elle. « La CENI peut recourir à la Monusco. »

Pour rappel, les élections générales de 2023 en RDC avaient été marquées par plusieurs difficultés. Il s’agit par exemple de l’ouverture tardive des centres de vote et de la poursuite du vote au-delà du délai légal.
À l’approche des prochains cycles électoraux, le débat sur l’adaptation du calendrier et le renforcement des capacités logistiques de la CENI reste donc ouvert.