Kipushi : construite pour 50 détenus, la prison Boma en détient 437

Kipushi : construite pour 50 détenus, la prison Boma en détient 437

Le cadre des concertations de la société civile du Haut-Katanga alerte les autorités sur les conditions précaires à la prison de Boma Kamarenge à Kipushi. Selon la thématique sécurité dudit cadre, 437 détenus sont confinés dans cette prison, dont 298 prévenus. Cette situation viole les principes fondamentaux relatifs aux droits humains.

Située à plus de 30 kilomètres de Lubumbashi, la prison de Boma Kamarenge demeure un enfer pour les détenus. Au départ construite pour garder un effectif de 50 détenus, aujourd’hui cette maison carcérale compte plus de 400 locataires. Cet état de choses est à la base de conditions très difficiles que traversent les prisonniers qui y sont gardés.

Ainsi, le cadre des concertations de la société civile du Haut-Katanga a alerté les autorités et les défenseurs des droits humains à se pencher sur ce cas. Dans un rapport publié le 5 mai dernier, Bertin Tshoz, team leader de la thématique Gouvernance, sécurité et protection dans le cadre des concertations, déplore les conditions inhumaines à la prison de Boma qui vont à l’encontre de l’article 11 de la constitution qui consacre l’égalité en dignité et en droits pour les êtres humains.

Des défis majeurs

Au-delà de la saturation de la prison, Bertin Tshoz évoque d’autres défis. C’est notamment le manque de la ration alimentaire. « Il y a presque 2 ans que la prison est sans ration alimentaire régulière », indique Bertin Tshoz. Il précise ensuite que « c’est depuis le mois de février 2026 que la prison de Boma a bénéficié d’une ration alimentaire de la part du gouvernement provincial. » En outre, le team leader de la gouvernance et sécurité de la société civile évoque aussi la lourdeur judiciaire. « Certains sont en prison depuis plus de 3 ans sans jugement », déplore-t-il. Celui-ci est également indigné par le coût exorbitant de la liberté provisoire. « Il faut débourser entre 500 et 2000 dollars américains pour obtenir la liberté provisoire même de fait bénin. »

Des conditions insupportables

Des prisonniers ayant déjà quitté la prison de Boma Kamarenge estiment que cette maison carcérale est un mouroir. « J’ai fait 3 jours de détention à la prison de Boma, j’ai vu la mort venir », témoigne Raoul Kasongo. Et d’ajouter : « Je dormais debout. « Ce n’est pas facile de se trouver un endroit pour dormir. » Cet ancien locataire de la prison de Boma se souvient d’avoir mangé du riz et des haricots une seule fois.

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De son côté, Madame Nadine Kalabe, directrice adjointe de la prison de Boma, reconnaît cette situation. « À cause de conditions sanitaires précaires, plusieurs détenus sont infectés. » Cette dernière évoque aussi le manque d’eau et de médicaments. Elle lance un appel aux autorités et aux organisations humanitaires à appuyer cette prison.