RDC :l’accès au passeport ,un casse-tête pour les habitants de l’Est
L’obtention du passeport ordinaire est devenue un grand défi pour les populations du Sud-Kivu, du Tanganyika. Les congolais résidant au Burundi sont également concernés. Dans un plaidoyer adressé au président de la République et aux ministères concernés, ces citoyens dénoncent une crise administrative. Selon eux, cette situation prive des milliers de personnes de leur droit à obtenir un document de voyage.
« La délivrance des passeports ordinaires, droit fondamental et outil essentiel de la citoyenneté, est devenue une mission impossible pour des millions de nos compatriotes », estiment les signataires du plaidoyer.
En effet, le document indique que la situation s’est aggravée avec la mise en place du nouveau système de délivrance des passeports. Les anciens centres de capture biométrique de Bukavu et de l’ambassade de la RDC à Bujumbura ne sont plus opérationnels. Aucune infrastructure de remplacement n’aurait été déployée dans les zones concernées.
À cette difficulté s’ajoutent les nouvelles exigences liées à la procédure numérique. C’est notamment l’obtention du Numéro d’identification fiscale (NIF), indispensable pour introduire une demande du nouveau passeport. Ils évoquent également l’obligation de régler les frais de 75 dollars américains par carte bancaire. Selon eux, une grande partie de la population des zones concernées n’a pas accès à ce moyen de paiement.
Les auteurs du plaidoyer indiquent que ces multiples obstacles administratifs, numériques et financiers placent de nombreux citoyens dans une impasse. Les requérants seraient contraints de se rendre à Beni ou à Kinshasa pour effectuer leurs formalités biométriques. Cette situation entraîne des dépenses de transport, d’hébergement et de séjour pouvant largement dépasser le coût officiel du document. « Pour un passeport ordinaire qui devrait coûter 75 dollars américains, des familles qui en ont les moyens dépensent parfois plus de 3 000 dollars. »
Les signataires estiment que cette situation pénalise particulièrement les malades nécessitant des soins à l’étranger. Les étudiants admis dans des universités étrangères sont bloqués. Ceci touche également des opérateurs économiques ainsi que les familles qui ont besoin de documents de voyage.
Des recommandations au gouvernement
Ainsi, les signataires demandent au gouvernement de rétablir un accès de proximité au service de délivrance des passeports. Ils plaident pour l’installation de nouveaux centres de capture biométrique à Uvira et à Kalemie. Ce même dispositif doit être aussi mis en place à l’ambassade de la RDC à Bujumbura.
Les signataires réclament également une solution au blocage lié à l’obtention du NIF. Ils proposent la mise en place de guichets physiques. Ils recommandent aussi un numéro vert et d’une équipe dédiée au traitement des dossiers dans les provinces concernées. Les auteurs du plaidoyer sollicitent aussi des modalités de paiement alternatives. C’est par exemple le paiement en espèces auprès de guichets agréés ou via les services de mobile money.
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Ces citoyens appellent en outre à la création d’une cellule de crise interministérielle regroupant les ministères des Affaires étrangères, des Finances, de l’Intérieur, de la Santé ainsi que la Direction générale des impôts (DGI). Ceci va selon eux, permettre d’assurer un suivi régulier de la situation. Ils demandent également la publication d’un communiqué officiel qui présentera les mesures envisagées et le calendrier de mise en œuvre, ainsi qu’une prise en charge prioritaire des cas humanitaires, notamment les malades, les étudiants et les personnes vulnérables.
À travers cet appel, les auteurs du plaidoyer rappellent que le passeport est un document indispensable à l’exercice de plusieurs droits fondamentaux. Ils estiment que le rétablissement de ce service dans l’Est du pays et à Bujumbura contribuerait à restaurer la confiance des citoyens envers les institutions de la République.

