RDC-C64: le choix du dialogue fait débat

RDC-C64: le choix du dialogue fait débat

Le report de la marche pacifique de la Coalition C64, initialement prévue ce 22 juillet 2026, continue de susciter des réactions. La classe politique et plusieurs analystes se sont exprimés. Si certains saluent un geste en faveur du dialogue, d’autres estiment que cette décision profite davantage au pouvoir qu’à l’opposition.

Pour l’analyste politique lushois Ledoux Mulolo, « le plus grand gagnant à ce stade reste le régime en place. Dans sa façon de procéder, je décèle une stratégie visant à désamorcer la bombe qui devait se dresser contre lui. » dit-il.

De plus, il reconnaît que l’organisation d’un dialogue est une revendication de longue date. Il estime toutefois que plusieurs zones d’ombre demeurent. Il s’interroge notamment sur les conditions de participation et sur les acteurs qui seront conviés. « Un dialogue ne peut être qualifié d’inclusif que si toutes les composantes concernées y participent. Si certaines personnalités ou certaines forces sont exclues, nous reviendrons à la case départ et ce dialogue perdra toute sa substance. » Selon lui, la C64 aurait dû maintenir la pression sur le pouvoir. Cela, jusqu’à la convocation effective d’un dialogue dont le caractère inclusif serait clairement garanti. « Après deux marches programmées puis reportées, je vois mal comment l’opposition pourra encore mobiliser la population lorsqu’il sera réellement nécessaire de le faire », déplore-t-il.

De son côté, Victor Mulumba, un autre analyste, porte un regard plus sévère sur la stratégie de la coalition. « Ils sont en train de tomber dans les pièges du pouvoir. » De plus, il invite également à s’interroger sur les véritables motivations de cette mobilisation. « Il faut connaître le mobile de leur marche. Ils cherchent tout simplement qu’on leur donne des postes dans le prochain gouvernement, déclare-t-il.

Le dialogue est la meilleure option.

Du côté de la société civile, on estime que le report de la manifestation pourrait avoir des conséquences sur la cohésion de l’opposition. « Le report de la manifestation de la Coalition C64 peut créer une occasion de déstabilisation et de division de l’opposition, parce qu’il a été décidé sans consulter d’autres parties prenantes de l’opposition qui sont en exil. Cela risquerait de discréditer et d’impacter l’existence de cette coalition, dit Michel Mujike, membre de la société civile.

Pour cet acteur de la société civile, la voie du dialogue demeure la meilleure option pour sortir de la crise. “Nous, la société civile, privilégions toujours la voie du dialogue pour une solution pacifique.” C’est pourquoi ce dialogue doit être véritable et non corruptible afin qu’il soit au bénéfice de tous les Congolais. En outre , il devrait déboucher sur une paix durable », indique-t-il.

Le C64 accorde une chance au dialogue annoncé.

Par ailleurs, le C64 explique avoir décidé de reporter la marche afin de donner une véritable chance au dialogue national inclusif annoncé par le président Félix Tshisekedi après sa rencontre avec les responsables de la CENCO et de l’ECC.

Pour la C64, le dialogue ne peut en aucun cas servir à remettre en cause les dispositions constitutionnelles. La coalition affirme avoir choisi de privilégier les voies pacifiques « dans l’intérêt supérieur de la Nation ». Elle souligne toutefois que cette décision ne constitue ni « un renoncement à la défense de l’ordre constitutionnel ni un affaiblissement de sa détermination ».

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La C64 demande que le dialogue national inclusif soit officiellement convoqué dans les plus brefs délais. Selon elle, ce cadre devra permettre d’aborder les questions liées à l’insécurité dans l’Est du pays, à la gouvernance, à la situation économique et sociale. Ce serait aussi le moment d’aborder des réformes nécessaires pour consolider la paix, l’unité nationale et la démocratie.

La coalition exige également des mesures de confiance et de décrispation afin de rassurer toutes les parties appelées à participer au dialogue. Enfin, la C64 fixe une échéance au pouvoir. Elle attend la convocation officielle du dialogue au plus tard le 15 août 2026. À défaut d’actes concrets ou si les engagements annoncés ne sont pas respectés, elle prévient qu’elle reviendra sur sa décision. Elle appellera les Congolaises et les Congolais à reprendre des actions citoyennes pacifiques, dans le strict respect de la Constitution et des lois de la RDC.