Kamina: l’usine de lovoi vient renforcer l’accès en eau potable
Après plus d’un demi-siècle de pénurie d’eau potable, Kamina, chef-lieu du Haut-Lomami, dispose désormais d’une nouvelle usine de captage et de traitement d’eau. Le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a inauguré cette infrastructure mercredi 29 juillet. Le projet entre dans le cadre du programme sino-congolais.
En effet, l’usine de Lovoi capte l’eau de la rivière du même nom. Cette rivière présente une forte teneur en fer. Les techniciens traitent ensuite cette eau selon les normes en vigueur avant de l’envoyer dans le réseau de distribution. L’infrastructure produit 7 000 mètres cubes d’eau potable par jour. Elle devrait fournir de l’eau à près de 230 000 habitants de Kamina. Cette capacité améliore ainsi l’accès à une ressource essentielle pour la population.
Après l’inauguration, la REGIDEZO prévoit de lancer un programme de raccordement social dans les prochains jours. Ce programme permettra aux ménages d’accéder progressivement à cette nouvelle desserte.
Le projet a connu plusieurs arrêts.
Par ailleurs, l’usine de Lovoi fait partie du programme sino-congolais. Ce partenariat découle de l’accord conclu en 2008 entre la RDC et un consortium d’entreprises chinoises pour financer des infrastructures publiques. Cependant, le projet a connu plusieurs années de retard. En février 2026, l’Agence congolaise des grands travaux (ACGT) a annoncé la reprise de la deuxième phase des travaux. Cette étape devait permettre d’achever l’infrastructure et de renforcer l’approvisionnement en eau potable de la ville.
Programme sino-congolais : l’usine de captage d’eau de Kamina financée à seulement 21 %
Toutefois, Kamina a traversé plusieurs crises d’approvisionnement en eau ces dernières années. La dégradation des infrastructures et les actes de vandalisme ont souvent perturbé la distribution. En 2015 par exemple, des individus ont volé plus de 5 000 mètres de conduites de la REGIDESO. Cet acte a aggravé les difficultés d’approvisionnement dans plusieurs quartiers de la ville.
Un déficit d’accès à l’eau documenté par la Banque mondiale
Dans un rapport d’achèvement de projet publié en 2011, la Banque mondiale avait déjà identifié Kamina parmi les villes qui nécessitaient des études techniques pour préparer la réhabilitation et la modernisation du système d’approvisionnement en eau.
L’institution explique cette situation par plusieurs facteurs. C’est notamment le vieillissement des infrastructures, le manque d’entretien et des années de sous-investissement. Elle indique également que la REGIDESO ne disposait plus de capacités suffisantes pour répondre aux besoins d’une population urbaine en croissance.
Un autre rapport de 2017 consacré au secteur de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène en RDC, a souligné la dégradation du système d’alimentation en eau de la ville. Plus récemment, dans le cadre du Programme d’accès à l’eau et à l’assainissement (PASEA), approuvé en 2023, la Banque mondiale a rappelé que la RDC doit encore relever d’importants défis dans le secteur de l’eau.

